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Illustration article légende Isli et Tislit Maroc

Quand mon amie Cécile m’a proposé de collaborer sur une vidéo en lien avec le Maroc, je n’ai pas beaucoup hésité à dire oui ! 🙂

Pour vous resituer un peu le contexte, Cécile a créé son entreprise de conciergerie d’entreprise, La Minut’rit, il y a une dizaine d’année, alors que nous terminions tout juste nos études en école de commerce. Elle a depuis créé un blog et une chaîne YouTube, sur lesquels elle propose du contenu gratuit à ses clients.

Et dans la rubrique « Ouverture au Monde et Culture », elle m’a proposé de réaliser une vidéo sur une anecdote de mon choix en lien avec le Maroc. Après m’être creusé la tête et imaginé plusieurs sujets (que je traiterai peut-être d’ailleurs ultérieurement sur mon blog 😉 ), j’ai décidé de vous parler d’une légende berbère, celle d’Isli et Tislit, dont on me parle souvent au Maroc quand je dis que je m’appelle Leslie, mon prénom ressemblant beaucoup aux prénoms des personnages !! 🙂

Avec mon ami Mohamed, nous avons donc décidé de vous raconter à 2 voix cette légende et le moussem (festival) des fiançailles qui est né de cette jolie histoire…

La légende berbère marocaine d'Isli et Tislit

La légende que je veux vous vous raconter, c’est celle d’Isli et Tislit. En tamazight, la langue berbère, ces prénoms signifient le marié et la mariée. Isli et Tislit appartiennent à 2 tribus berbères qui se font la guerre depuis très longtemps pour des questions d’accès à une source d’eau, car l’eau se fait rare dans la région : les Aït Brahim et les Aït Ya’za.

Ces deux jeunes gens se rencontrent un jour au pied de la source, et tombent éperdument amoureux. On raconte que leur amour était d’une pureté absolue, et qu’ils ne pouvaient pas vivre séparés. Ils décidèrent donc de s’unir, et Isli, le marié, alla demander la main de Tislit à sa famille. Comme on peut s’en douter, leur idylle fut mise à rude épreuve par la rivalité des deux ethnies, et les familles respectives refusèrent catégoriquement d’unir leurs enfants.

Transis de chagrin, les amoureux décidèrent de s’enfuir et gravirent la montagne d’Isslan, qui signifie la montagne des mariés en tamazight. Là-haut, ils passèrent des jours entiers à pleurer. On dit que ce déluge de chagrin donna naissance aux lacs Isli et Tislit, qui se situent de chaque côté de la montagne d’Isslan, et que les amoureux finirent par se noyer dans le fruit de leur chagrin. On dit aussi que chaque nuit, Isli et Tislit sortent de leurs lacs respectifs pour se retrouver.

Et il aura fallu attendre la mort de ces deux amants pour que les tribus se réconcilient et décident de créer le moussem des fiançailles (le moussem, c’est un festival), qui est devenu un rendez-vous annuel incontournable dans la région !

Maroc - Lac Tislit à Imilchil

Lac Tislit (de la mariée)

Maroc - Lac Tislit à Imilchil

Lac Tislit (de la mariée)

Lac Isli (du marié)

Le moussem des fiançailles

Le moussem des fiançailles a lieu chaque année dans le village d’Imilchil, fin août ou en septembre, juste après les récoltes et la transhumance. C’est avant tout un grand souk : des centaines de tentes sont montées et tous les éleveurs, les artisans et les nomades de la région s’y retrouvent pour vendre leurs biens. Les femmes aussi présentent leur travail : fabrication des tapis, tissage, couture des djellabas…

Ce moussem est aussi associé à une fête religieuse et les Berbères qui s’y rendent en profitent pour faire un pèlerinage au tombeau de Sidi Ahmed Oulmaghni, le saint patron de la tribu des Ait Hadiddou (c’est le nom de la tribu réconciliée de Isli et Tslit).

Le 3e pan de ce moussem, c’est le festival des fiançailles, et il est directement lié à la légende d’Isli et Tislit. Les femmes revêtent pour l’occasion leurs plus beaux habits et leurs plus beaux bijoux en argent. On retrouve beaucoup la fibule berbère, cette broche qui est devenue un symbole pour les berbères. Les femmes Ait Hadiddou portent à cette occasion la handira, c’est une cape en laine tissée à rayures blanches et noires ou bleu foncé rayé de rouge selon le clan auquel leur famille appartient. A l’époque, les femmes berbères se tatouaient le visage pour indiquer si elles étaient célibataires (pas de tatouage), mariées (une ligne sur le menton) ou divorcées (elles rajoutaient 2 points à la ligne sur le menton). Mais aujourd’hui, quasiment plus aucune femme ne se tatoue le visage. Elles se font juste belles pour montrer qu’elles cherchent un mari.

Les garçons qui cherchent à se marier, eux, mettent leur plus beau costume et un chèche jaune (qui est porté par les Berbères des montagnes, et qui est différent du chèche bleu porté par les nomades du désert).

Lors du moussem, les jeunes gens s’observent et commencent à faire connaissance. Puis vient le temps des chants et danses folkloriques qu’on appelle Ahidous. Musiciens, conteurs et poètes chantent les femmes et l’amour ! Les hommes invitent à danser la femme qui leur plaît, et si les sentiments sont réciproques, ils se donnent rendez-vous l’année suivante pour se marier. Ainsi ils ont un an pour faire connaissance plus amplement et tomber amoureux !

Lors du moussem, une cérémonie de mariage collectif est organisée, et c’est le seul endroit au Maroc où cette coutume a lieu ! Des notaires viennent exclusivement pour sceller ces unions, et cela évite aux nomades d’avoir à se déplacer au centre administratif le plus proche, qui se trouve à plusieurs centaines de kilomètres.

C’est vraiment une expérience extraordinaire de vivre ce moussem de l’intérieur ! Donc si vous êtes célibataire, vous savez ce qu’il vous reste à faire : visiter le Sud marocain à la fin du mois d’août et faire un crochet par Imilchil pour participer au moussem des fiançailles ! 😀

Pour revivre mon voyage dans le Grand Sud marocain, c’est par ici que ça se passe !

Et pour le découvrir « en vrai », je vous conseille de le faire avec mon ami Mohamed, chauffeur et accompagnateur touristique : je vous garantis de merveilleux souvenirs plein la tête !

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