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Illustration article 6 belles histoires d'amour de voyage

Êtes-vous déjà tombé.e amoureux.se en voyage ? Moi, ça m’arrive très souvent… Cette faculté à tomber amoureuse en voyage, je l’ai beaucoup questionnée, car forcément ça m’a intriguée. Pourquoi est-ce que je m’attache si vite et si fort à des personnes qui vivent à l’autre bout de la planète, et que j’ai beaucoup plus de difficultés à le faire en France ?

La réponse, en tout cas celle à laquelle mes réflexions m’ont menée, c’est que lorsque je voyage, je suis moi-même à 100%, je fais tomber les masques, je n’ai plus de rôle à jouer que la société essaie de m’imposer, je suis alignée pleinement avec qui je suis au fond de moi, avec mon cœur et mon âme. Je suis vulnérable aussi, « à nu » en quelque sorte, car je suis en position de découverte d’une autre culture, d’autres personnes, je suis prête à accueillir tout cela sans jugement, je suis dans la gratitude et l’amour au sens large. En fait, je pense que toutes les conditions sont réunies pour que je tombe amoureuse : mon mental est en retrait, et c’est mon cœur qui s’exprime, laissant mon âme se connecter à d’autres âmes, sans passer par la case cerveau !

Les histoires d’amour que j’ai vécues en voyage sont d’une intensité extraordinaire, et je me suis demandée si j’étais la seule à avoir vécu ça. Alors je vous ai posé la question sur Instagram, et vous avez été très nombreux.ses à réagir et à me dire que vous aussi vous aviez vécu des histoires d’amour incroyables en voyage ! J’ai donc eu l’idée d’écrire un article collaboratif et de partager ces magnifiques histoires d’amour, pour que nous prenions ensemble une bonne dose d’amour et de good vibes ! Encore merci à Justine, Séverine, Tiffany et Mathilde qui, par leur belle plume, ont exprimé toute l’intensité de ces histoires. Vous êtes prêt.e.s pour le grand frisson ? 🙂 Allez, je commence (et puis je termine aussi haha !)…

Nous sommes en juillet 2018, et je suis en plein roadtrip en Jordanie avec mon amie Amélie. Nous passons 2 semaines absolument merveilleuses dans ce pays du Moyen-Orient et avons déjà des images plein la tête. Nous sommes dans le désert de Wadi Rum, dans le Sud du pays, et ce matin-là, j’avais réservé un vol en montgolfière au-dessus du désert, au lever du soleil. Mon amie Amélie, qui a un peu le vertige, n’était pas trop tentée par l’expérience, donc c’est seule que j’attends, sur le parking du campement, que le chauffeur vienne me chercher. Il est 5 heures du matin et il fait encore nuit quand je vois les 2 phares du 4×4 pickup s’avancer vers moi. Une fois garé, le chauffeur descend pour me saluer, et je vois qu’à l’intérieur du 4×4 il y a déjà 5 personnes : 2 à l’avant (en plus du chauffeur) et 3 à l’arrière. Le chauffeur m’ouvre la portière arrière pour que je me serre contre les 3 autres, mais mon regard est tout de suite attiré par celui de Mahmoud, à l’avant du pickup, qui me fixe et me suit du regard jusqu’à ce que je m’installe à l’arrière, à s’en tordre le cou ! Plusieurs fois pendant le trajet, il me lance des regards dans le rétroviseur ou se retourne carrément pour me regarder. Pour resituer le contexte : il est 5 heures du matin, j’ai la tête dans le cul, je ne suis ni maquillée ni coiffée, donc clairement je ne suis pas super à l’aise !

 

Une fois arrivés sur le lieu du décollage, le personnel s’active pour gonfler la montgolfière et j’en profite pour observer et prendre quelques photos. Mahmoud s’arrange pour engager la conversation en anglais : « oh moi aussi j’ai un Canon ! Tu pourrais nous prendre en photo tous les 5 ? ». Je suis aimable mais sans plus car je n’ai pas trop envie de parler anglais au réveil ! Mais en même temps, on ne se quitte jamais vraiment du regard (même en coin), et on s’arrange pour ne jamais être bien loin l’un de l’autre, comme si une force invisible nous attirait l’un vers l’autre. Le vol va débuter, et le capitaine nous place dans les 4 compartiments de la nacelle. Manque de bol, nous ne sommes pas dans le même compartiment, mais les œillades continuent pendant tout le vol. Je vous passe les détails du vol, mais c’était juste magnifique !

 

A l’atterrissage, une petite collation nous attend. Alors que je passe devant Mahmoud, en train de discuter avec un de ses amis, il me lance « are you Russian ? » Son pote le regarde et le tacle en mode « t’es sérieux mec, t’as rien trouvé de mieux ? » Je ris intérieurement et lui réponds que non, je suis Française. S’en suit une conversation assez succincte pendant laquelle j’apprends que lui et ses amis sont Américains. Lui est d’origine égyptienne et son ami d’origine jordanienne, et ils ont organisé un voyage de 2 semaines pour faire découvrir leurs 2 pays d’origine à leurs amis ! Il travaille chez General Electrics et est dans un programme spécial pour les jeunes talents : il change de poste (et de ville) tous les 6 mois, et entre chaque mission il participe à un séminaire d’une semaine pendant lequel il retrouve tous les autres participants du programme à travers le monde. Et là il m’annonce que le prochain séminaire se déroule à Budapest dans un mois, et qu’il pensait passer une semaine en Europe après, mais sans savoir où exactement. Et je me revois lui balancer, très sûre de moi, « bah viens à Paris ! » Lui : « Pourquoi pas ! Mais si je viens à Paris, tu me feras visiter ? » Moi : « Oui carrément ! »

 

Nous échangeons nos numéros, et 2 jours plus tard il prend son billet d’avion pour Paris et je demande une semaine de congés à ma chef ! Nous avons appris à faire connaissance pendant les 3 semaines qui suivirent, à coup de messages Whatsapp et de visios. Après avoir passé une semaine en Egypte, il rentrait aux Etats-Unis, et la veille au soir, alors qu’il était en route pour l’aéroport du Caire, il m’envoie un message : « devine où je fais escale ? » Devinez ! Il avait 3 heures d’escale à Paris ! Alors il est sorti de l’aéroport, a pris un RER jusqu’à Paris Nord, où je l’attendais, dans le grand hall, à 7 heures du matin. Quand on s’est vus, on ne s’est pas posé de question, on s’est embrassés spontanément. Notre premier baiser. On a passé 1 heure ensemble, pas plus, car il ne fallait pas qu’il rate son 2e vol ! Une parenthèse enchantée, imprévue, digne d’un film romantique hollywoodien, avant de se retrouver 2 semaines plus tard.

 

Après être rentré aux Etats-Unis, puis avoir passé une semaine de séminaire à Budapest, le voici enfin de retour en France, pour une semaine cette fois-ci ! Cette semaine a été complètement dingue. Là aussi, une parenthèse enchantée, hors du temps. Nous savions que nous n’allions pas nous revoir, et cette sensation d’urgence à vivre les choses nous a amenés à vivre cette semaine intensément, pour n’avoir aucun regret. J’avais prévu un programme de folie : en une semaine nous avons visité Paris (château de Vaux-le-Vicomte aux chandelles, visite guidée de l’Opéra, brunch, Montmartre, Notre Dame et le quartier latin, dîner croisière sur la Seine, le Louvre, balade en 2CV, Tour Eiffel, pièce de théâtre, Versailles, sons et lumières aux Invalides…), avons fait une virée romantique en Normandie (Etretat, Honfleur, Deauville-Trouville) et sommes allés voir des amis à Royan (sentier des douaniers, jetski, port ostréicole de la Tremblade…) ! Oui oui, vous avez bien lu : tout ça en une semaine !! Et ponctué de fou-rires et de repas gargantuesques ! Je pense que je n’ai jamais dépensé autant d’argent en si peu de temps, mais qu’est-ce que c’était bon ! Une sorte d’insouciance grisante…

 

Evidemment, en une semaine aussi intense, on s’attache forcément, et les au revoir ont été très très durs. Nous avons pleuré tous les deux… Et je me souviens de notre dernière nuit, qu’il a passée à s’agripper à moi, alors qu’il n’avait jamais été trop câlin, comme s’il ne voulait pas me lâcher… Nous avons continué à nous parler les semaines suivantes, mais en sachant que nous n’allions pas nous revoir de sitôt, le quotidien a repris le dessus, et nous nous sommes éloignés. Ce qui est sûr, c’est que nous garderons à jamais gravée en nous cette semaine hors du temps, et plus généralement cette histoire d’amour incandescente. S’il y a une chose que je retiens de tout ça, c’est que l’insouciance et la spontanéité ont parfois du bon. Lâcher prise et laisser parler son cœur permettent de vivre les choses pleinement, sans regrets, de vibrer de l’intérieur. Jamais je crois je ne me suis sentie aussi vivante.

Amour de voyage - Leslie et Mahmoud

L'histoire d'amour de Séverine et Cédric

Voyage dans le Sud de la France

Certains se demandent si le coup de foudre existe vraiment. Et bien moi j’y crois, et je l’ai déjà vécu, une seule fois. Un véritable coup de foudre. J’avais 16 ans, à cette époque je partais encore en vacances avec mes parents chaque année, dans les clubs de vacances du CE de mon père ; et cette année là, nous passions l’été à Tourves, petit village dans le Var, dans les terres aux parfums de lavande, de thym, de romarin et au bruit des cigales. Ma cousine habitant la région, j’y suis allée assez souvent et c’est une région que j’adore. Les odeurs, les paysages, l’art de vivre, l’accent du sud… je m’y sens très bien.

 

Nous sommes arrivés un dimanche, pour 3 semaines, et le lundi il y avait la « réunion » d’accueil du club ado. Moi ce que j’aimais le plus dans ces vacances en village avec mes parents c’était le club ado 🙂 Nous étions plusieurs à attendre l’arrivée de l’animateur qui devait s’occuper des ados, nous animer… Tous un peu timides, on s’observait, on échangeait quelques mots. Puis je l’ai vu entrer dans la pièce, et je me suis tout de suite arrêtée. Arrêtée de parler, de regarder les autres… J’ai croisé son regard bleu azur et là, j’ai tout de suite été subjuguée, j’ai senti mon corps à la fois se mettre en pause et vibrer, comme si mon coeur était à la fois en train de palpiter et de s’arrêter de battre, un sentiment indescriptible que je n’avais jamais connu, et que je n’ai encore à ce jour plus jamais connu de nouveau. Il s’est mis à parler et se présenter, avec ce petit (ou plutôt ce grand) accent du Sud pour lequel je fonds littéralement. Il s’appelle Cédric, il a 20 ans, j’écoute à peine le reste (les activités qu’on va faire, etc.) : je suis noyée dans ses yeux, hypnotisée par son sourire. La réunion se termine.

 

Pendant 3 semaines, je le vois quasiment tous les jours. En plus d’avoir un bon groupe avec lequel je m’entends bien, je m’entends très bien avec Cédric, il n’y a pas vraiment de distance ado-anim (en même temps 4 ans d’écart ce n’est rien du tout), il est des nôtres, je passe les meilleures vacances de ma vie, entre rires, insouciance, drague, fête, soleil, piscine… Je le « drague » un peu pendant 3 semaines, entre petites allusions et oeillades en coin… Il ne craque pas, pourtant c’est bizarre mais je sens qu’il y a quelque chose, et qu’est-ce qu’on se marre ! Pendant ces 3 semaines, je suis moi-même draguée par quelques uns, j’échange 2 ou 3 smacks mais rien de plus.

 

Puis vient l’avant-dernier soir de ces vacances, et c’est le bal du village. J’ai à la fois le coeur serré de devoir bientôt partir tellement je me suis sentie heureuse pendant ces 3 semaines, et à la fois je me dis que je veux en profiter jusqu’au bout. J’arrive même à négocier la permission de 1 heure du matin plutôt que minuit auprès de mes parents. On passe donc la soirée en bande au bal, il y a Cédric bien sûr. Et à cette époque, encore des slows pour pouvoir se lancer 🙂 Et c’est ce que j’ai fait. Arrive le 1er slow, je me précipite sur Cédric pour l’inviter à danser, et là il me dit qu’il est étonné de me voir célibataire et que je n’aie pas trouvé de mec qui me plaise durant ces vacances. Je lui réponds « qu’est ce qui te dit que je n’ai pas trouvé ? » avec un grand sourire. S’en suit un jeu de rhétorique au cours duquel il fait exprès de citer tous les mecs du village jusqu’aux plus improbables, feignant de vouloir deviner qui était ce mystérieux amoureux secret, et quand il a éclusé son stock, je lui dis « alors, tu n’as toujours pas trouvé? » Il sourit, rougit, ne répond rien, et on finit le slow blottis dans les bras l’un de l’autre de façon platonique. Je me sens un peu triste, gênée, le sentiment de m’être prise un râteau, mais si bien dans ses bras… et en même temps je persiste à penser qu’il y a quelque chose entre nous, malgré tout.

 

Le lendemain, c’est le dernier soir. Je suis invitée à la caserne de pompiers (Cédric est pompier volontaire) pour une soirée en petit comité. Juste avant, il y a eu bain de minuit illicite dans la piscine, j’étais trempée, Cédric me prête son pull. On file à la caserne. Je me souviens encore qu’on a fait une partie de Trivial Pursuit je crois, j’ai son pull, son odeur sur moi, et son regard que je croise entre 2 questions. J’ai dû mal à me concentrer, j’ai l’impression d’avoir des absences. L’heure de mon couvre-feu approche, et Cédric propose de me raccompagner. Il me raccompagne en voiture. On discute un peu. On arrive au village, il coupe le moteur et je sens les larmes monter. Je lui demande si il veut que je lui rende son pull tout de suite, mais j’ai dejà des frissons. Il me répond que non, que je lui rendrai demain quand il viendra me dire au revoir, et il m’embrasse… C’était tellement beau, il m’enlace, il m’embrasse, il redémarre la voiture pour qu’on aille se garer un peu à l’écart et un peu plus isolés. On n’a pas fait l’amour, mais pour moi c’était de l’amour à l’état pur, un moment unique que je n’oublierai jamais. Je ne sais même pas à quelle heure je suis rentrée mais très très en retard et je m’en foutais. C’était sans aucun doute le plus beau moment de ma vie. Il m’a avoué que je lui plaisais depuis le début, mais que le règlement interdisait aux anims les relations avec les vacanciers, et le patron était un vrai connard, il avait peur de se faire virer. J’étais dégoutée de l’apprendre et en même temps mon intuition ne m’avait pas trompé.

 

Le lendemain, je l’ai revu rapidement avant de partir, je lui ai redonné son pull, j’avais une boule dans la gorge. On s’est échangé nos coordonnées. Pendant un an, il n’y a pas eu un seul jour, peut-être même pas une seule heure où je n’ai pas pensé à lui. Je lui ai écrit, même si c’était sans réponse. Je l’ai appelé quelques fois (je rappelle qu’on est à l’âge de pierre, il n’y a pas de portable à l’époque, donc cabine téléphonique et tutti quanti !). Puis un soir, mes parents nous annoncent que l’été prochain, nous retournons à Tourves (en général on n’allait jamais 2 années de suite au même endroit mais mes parents avaient adoré). J’étais folle de joie, j’explosais de l’intérieur à l’idée de le revoir, je m’imaginais déjà pouvoir enfin vivre 3 semaines de love story à ses côtés. Quand je suis arrivée là bas, je suis allée le voir de suite. Il m’a dit qu’il était désolé, il était en couple avec une fille dont il était très amoureux. Mon coeur s’est déchiré. Et bien sûr ces vacances n’ont pas eu le même goût que les premières… un goût amer.

 

Mais Cédric, je ne l’ai jamais oublié. Son histoire n’a pas duré. Je sais qu’aujourd’hui il est marin pompier, et même si c’était il y a plus de 23 ans, j’espère toujours que la vie nous permettra de nous recroiser un jour.

Amour de voyage - Séverine et Cédric

L'histoire d'amour de Mathilde et Nass

Voyage au Togo

Mon amour de voyage, mon amour aujourd’hui.

 

Il est 22h quand j’atteris à Lomé, capitale du Togo (Afrique de l’ouest). Je démarre une aventure qui boulersera ma vie et ma vision du bonheur. Je suis en route pour une mission humanitaire. Le président et la volontaire française qui partageront ces semaines avec moi m’attendent à la sortie, et je découvre Lomé de nuit. Arrivée à l’hébergement, je fais la connaissance des deux bénévoles togolais qui seront avec nous sur cette mission. Je fais la bise à l’un puis à l’autre, à lui, Monsieur Nass comme on l’appelle au village. Il se présente, et rapidement je lui dis que j’ai déjà entendu parlé de lui (grâce à une ancienne volontaire rencontrée avant de partir). Elle ne m’avait dit que du bien de lui et je me sentais déjà détendue.

 

2 jours après nous partons au village, et c’est là que je l’ai vu. Lui avec sa petite habitude de se mettre dans sa bulle le matin, lui qui est attentif à tes besoins et tes préférences. Lui qui quand nous remontions le chemin d’une cascade restait derrière moi, son air détendu en train de chanter, avec ses tongues aux pieds. Qu’est ce que ça avait le don de m’énerver ! Mais surtout Lui, sa façon d’être avec les enfants. Je l’observais chaque jour, il était d’une douceur, des gestes tendres, avec sa voix apaisante quand un enfant pleurait. C’est là, sur le péron de l’école que j’ai dit à haute voix « à lui, je pourrais lui faire des enfants ». Chose que je n’avais jamais dite auparavant, malgré mes envies d’être mère : je n’avais jamais été aussi confiante de ma vie sur le fait qu’un homme puisse être un bon père. Mais en le voyant lui, durant des heures, des jours, des semaines avec les enfants et son comportement vis à vis de nous les volontaires, j’étais plus que conquise.

 

Un matin à l’école, j’étais seule sur un banc, il s’est assis à côté de moi et je me suis lancée. Avec cette phrase banale mais tellement stressante à dire à haute voix « tu sais Nass, je t’aime beaucoup ». Il m’a déposé un baiser sur la joue. Durant le reste du séjour, nous avons eu de longues discussions, beaucoup d’interrogations, des doutes de sincérité. Mais j’y croyais, j’y croyais dur comme fer à cette histoire.

 

Je suis répartie en France, sans savoir ce qu’allait devenir notre relation. Je l’ai serré dans mes bras avant de monter dans le taxi pour retourner à Lomé. En France, nous nous sommes écrits chaque jour, de longues discussions ou juste pour prendre des nouvelles du village et des enfants. Mais la patience n’est pas une de mes vertus, et je voulais savoir, je voulais savoir où il en était, ce qu’il ressentait. Et le 22 décembre 2019, il m’a dit « je veux bien essayer si tu es d’accord ». Bien sûr que j’étais d’accord !!!! 🙂 Le jour même, j’officialisais les choses auprès de mes parents. Bon, j’avais déjà bien préparé le terrain avec ma mère. Ils n’ont pas sauté de joie car inquiets, mais ils ont plutôt bien réagi je trouve !

 

Aujourd’hui, le 12 novembre 2020, nous avons survécu au Covid, à 9 mois de séparation. 9 mois d’attente. 9 mois d’amour longue distance. 9 mois où la plupart du temps nous ne pouvions communiquer que par SMS car le crédit coûte cher là bas. 9 mois. Mais nous y sommes arrivés.

 

Entre temps, le 5 septembre à 16h45 j’atterrissais à Lomé et j’ai pu vivre 2 mois d’amour avec lui. Et le lendemain de mon retour, j’envoyais mon préavis pour mon appartement. Et j’espère le rejoindre très bientôt.

Amour de voyage - Mathilde et Nass

L'histoire d'amour de Justine et Federico

Voyage en Colombie

J’ai rencontré Federico en Colombie lors d’une année en sac à dos en solo en Amérique du Sud. A ce moment là, je travaillais en tant que volontaire dans une auberge de jeunesse sur une île au beau milieu des Caraïbes, un cadre idyllique pour tomber amoureuse… Et pourtant, ce n’est pas là bas que la magie a eu lieu. Je l’ai tout de suite trouvé très beau, nous avons sympathisé et dansé durant son unique soirée sur l’île, mais notre premier baiser n’était pas du tout digne d’un roman d’amour ! Il ne restait qu’un soir et je venais d’arriver pour deux semaines, il repartait ensuite à Buenos Aires et je continuais en Colombie puis au Brésil… Les étoiles n’étaient semble-t-il pas alignées. Mais je savais que je finirai par passer à Buenos Aires quelques mois plus tard, et nous avons donc échangé nos contacts en se promettant de se revoir.

 

Ce n’est que deux mois plus tard que je l’ai revu, et que j’ai eu ce véritable coup de cœur. Je n’en attendais pas grand-chose, mais il était bien mieux que dans mes souvenirs et on s’est entendus à merveille, j’étais complètement sous le charme. Si bien qu’à la fin de ma semaine dans la capitale Argentine, je quittais mon auberge de jeunesse et m’installais chez lui pour passer mes derniers jours à ses côtés. Durant ces quelques jours, on se comportait comme un vrai petit couple, et cela peut paraître fou mais même en si peu de temps je me suis beaucoup attachée, et c’était une première pour moi au cours de ce long voyage. Les aurevoirs ont été particulièrement difficiles, c’était il y a deux ans jour pour jour à l’heure où j’écris ces lignes, et je m’en souviens comme si c’était hier. Les adieux devant l’aéroport, les larmes qui menacent de jaillir, son sourire, notre dernière étreinte, et puis les portes qui se referment et cette tristesse profonde qui m’envahit… Ce fût probablement l’un des plus durs moments de mon aventure, la fin de cette courte mais très belle histoire. Enfin, ça, c’est ce que je pensais ! Il s’avère que le destin n’en avait pas fini avec nous…

 

Un mois après l’avoir quitté à l’aéroport de Buenos Aires, je quittais l’Amérique du Sud la mort dans l’âme mais pressée de retrouver mes proches après un an à l’autre bout du monde. Je pensais toujours à lui, nous continuions de nous écrire régulièrement, mais je m’étais faite à l’idée que notre histoire était terminée. Tout est alors allé très vite : j’ai trouvé le boulot de mes rêves dans le sud de la France, emménagé dans une ville où je n’avais jamais mis les pieds, rencontré plein de nouveaux amis et retrouvé une certaine routine qui m’avait manquée. Fede, son sourire craquant et son accent à tomber étaient loin derrière moi… Jusqu’au jour où j’ai appris que je partais en Argentine pour le travail. Ni une ni deux, je demandais quelques jours de congés à la suite de ce voyage pour y rester un peu plus longtemps et le revoir. Excités à cette idée, nous nous reparlions beaucoup plus régulièrement, impatients de nous retrouver quelques mois plus tard.

 

Et, comme si cela ne nous suffisait pas, une autre opportunité est arrivée grâce à mon travail : celle de réaliser une croisière très exclusive au milieu des fjords de Patagonie et jusqu’au Cap Horn, le bout du monde… Il s’agissait d’une croisière de 4 jours sur laquelle j’étais invitée grâce à mon travail et où j’avais le droit d’emmener gratuitement une personne avec moi. Devinez à qui je l’ai proposé ? Forcément, il n’a pas pu refuser. Il n’avait jamais été en Patagonie, jamais vu les glaciers si réputés de son pays, et voilà que je lui proposais de découvrir toutes ces merveilles ensemble et dans un cadre idyllique… On ne pouvait rêver de plus belles retrouvailles ! Nous nous sommes donc retrouvés à Buenos Aires un peu plus d’un an après nous être quittés à l’aéroport et, après un week-end de retrouvailles, nous sommes partis direction Ushuaia pour embarquer vers le bout du monde.

 

Je ne vais pas m’étendre plus longuement, mais ces 4 jours ont été absolument merveilleux, probablement l’une des plus belles expériences de ma vie. Nous étions dans notre petite bulle d’amour, complètement déconnectés de tout le reste du monde, à profiter de chaque instant, conscients que notre histoire n’avait pas d’avenir au-delà de ce bateau. Cette certitude a rendu l’expérience plus intense mais les aurevoirs bien plus difficiles que la première fois. Peut-être parce que cette fois-ci je savais au fond de moi que c’était la dernière… Cela a toujours été une évidence pour nous, notre histoire était éphémère et sans avenir, mais c’est peut-être ce qui l’a rendue aussi belle. Aujourd’hui je n’ai aucun regret et je sais que, quoiqu’il advienne, cela restera l’une des plus belles histoires d’amour de ma vie.

Amour de voyage - Justine et Federico

L'histoire d'amour de Tiffany et Zakarria

Voyage au Maroc

L’été 2015, je me suis envolée pour la première fois (seule) vers le Maroc, à la découverte de mes racines. Et, oui ! C’est un pays dont il est facile de tomber amoureux.se. Durant ces trois mois, je logeais chez ma tante et partageais tout avec mes cousines que je venais pourtant de rencontrer. Didij (Khadija), celle de qui je suis devenue la plus proche, était déjà une femme pleine de mordant, qui savait ce qu’elle voulait et réfractaire aux « règles » que la société et sa mère lui imposaient. Elle agissait en femme libre, constamment entourée de sa bande d’amis, au masculin svp ! Onze mecs pour deux filles, notre bande était surprenante cet été-là. Parmi eux, Zakarria, Zaki pour les intimes. Et intimes, nous n’étions pas destinés à l’être. Il était tout ce que je détestais : arrogant, macho, collectionneur de relations, et je crois bien que je l’insupportais. Il m’était antipathique, refusant de parler français et donc m’excluant des conversations tandis qu’il accaparait l’attention du groupe. Tout s’organisait autour de lui, tous s’animaient de manière flamboyante quand il arrivait.

 

J’ai passé les premiers temps à l’observer et l’éviter quand c’était possible. Malgré ses manières qui me déplaisaient, il avait ce je ne sais quoi, un charisme, un caractère volcanique et un sourire franc et chaleureux. Oui, si je retiens une chose de lui c’est la chaleur qu’il diffusait. Je crois que c’est son indifférence volontaire qui me provoqua le plus. Lors d’un weekend grillade sur la plage nous avons échangé nos premiers mots, mais c’est pendant un roadtrip vers le nord du pays que je me suis mise en tête de le draguer. C’était un peu mon esprit de compétition qui prenait le dessus, le Don Juan qu’il était ne pouvait pas ne pas tomber sous mon charme. On le sent déjà pointer le bout de son nez le coup de l’arroseur arrosé…

 

Je crois que tout a basculé le dernier soir de ce roadtrip pendant qu’il m’apprenait à préparer un tajine. Dit comme ça ce n’est pas hyper romantique, mais c’est un plat qui mijote et qui nous a laissé le temps d’échanger longuement.  Car oui il s’avère qu’il parlait assez bien français finalement. Les jours suivants, le jeu du chat et de la souris commença, on s’était rapprochés mais je restais distante, ferme, sans céder, et quand il n’était pas là je me languissais. Puis on a posé des mots, des aveux tels des promesses. Je lui ai dit qu’il n’était pas honnête, il a quitté ses conquêtes (on ne va pas parler du scandale que ça a provoqué). Alors il s’est mis à m’appeler tous les jours, à venir me chercher le soir. Là où j’étais il venait, là où il allait il m’amenait. On inventait des excuses pour se retrouver seuls, on faisait de longs détours pour arriver les derniers au point de rdv, on partait pour ne jamais rejoindre les autres. Cet été là, pour la première fois de ma vie j’ai fait le mur pour sortir le soir, menti pour aller en boîte, j’avais 14 ans de nouveau.

 

« Ne pas juger un livre sur sa couverture » n’a jamais été aussi vrai. J’ai découvert un Zaki doux, attentionné, respectueux, un peu jaloux, dévoué, protecteur. Bref, on est tombés amoureux et on a vécu deux mois collés l’un à l’autre. On est partis a Oualidia pour déguster des huîtres sur fond de Céline Dion, à Marrakech pour faire la fête, on a fait de longues promenades nocturnes le long de plages désertes. Il y avait une innocence merveilleuse dans notre relation, une confiance qui nous transportait. Les prises de tête ont commencé à l’approche de mon départ. Il voulait que je reste, je voulais céder mais… je suis rentrée. Il ne m’a pas accompagnée, on est restés au téléphone jusqu’à ce que j’embarque et je l’ai appelé à peine arrivée.

 

On est restés des mois à s’appeler tous les jours, puis il est venu me « prouver » son amour en France. Mais Zaki et mon quotidien détonnaient… Pendant une semaine on à visité Paris puis il est reparti. On a arrêté de s’appeler. C’était un amour de vacances, c’est un ami aujourd’hui, ou plutôt une connaissance. Et je lui souhaite tout le bonheur du monde car son cœur immense le mérite.

Amour de voyage - Tiffany et Zakarria

L'histoire d'amour de Leslie et Modou

Voyage au Sénégal

Nous sommes le 12 décembre 2018. Je suis arrivée au Sénégal 4 jours plus tôt pour 2 semaines de roadtrip en solo, et après avoir visité Dakar et l’île de Gorée, j’atterris à Ziguinchor, en Casamance (la Gambie, qui est « enclavée » au milieu du Sénégal, sépare la Casamance du reste du pays). C’est une région qui a été en prise à une guerre civile quelques années plus tôt, mais qui est aujourd’hui tout à faire sereine. A la sortie de l’aéroport (qui s’apparente plus à un aérodrome qu’autre chose), je suis censée retrouver quelqu’un de l’agence Casamance au Présent, une agence de voyage durable, à qui j’ai confié l’organisation de mes 6 jours en Casamance (la région est parsemée de petites îles et se visite en pirogue, mais il n’y a pas de pirogue tous les jours entre toutes les îles donc c’est un casse-tête à organiser soi-même !). Quand je passe la porte de l’aéroport, je remarque tout de suite Modou, qui était pile dans mon champ de vision et que je trouve très charmant ! 🙂 Beaucoup de guides et chauffeurs attendent devant l’aéroport et proposent leurs services, donc je me mets en mode « sur mes gardes » ! Modou s’approche de moi, il avait la copie de mon passeport et m’avait plus ou moins reconnue. Il se présente, mais sans mentionner Casamance au présent, donc je le prends pour un guide qui essaie de me vendre ses services et je lui dis que je ne suis pas intéressée. On en rigole encore car à ce moment-là il s’est dit « oh putain elle a un sale caractère, ça va être long une semaine avec elle ! » 😀 A ma décharge, j’avais dormi 4 heures (le vol était hyper tôt) !

 

Une fois le malentendu levé, il m’emmène m’installer à mon hôtel et nous prenons le petit déjeuner ensemble sur la terrasse : l’occasion de faire un peu plus connaissance. Et ça matche tout de suite hyper bien entre nous. Nous partons ensuite dans le petit village d’Agnak, en brousse, pour rendre visite à une famille, faire le marché, préparer le déjeuner, visiter les environs… Nous passons une super journée à rigoler (on se taquine beaucoup) et faire plus ample connaissance. En fin de journée, il est censé me ramener à l’hôtel, et sur la route il me propose de me faire visiter Ziguinchor by night et qu’on passe la soirée ensemble. J’avoue que j’ai eu un moment d’hésitation en me disant « euh… est-ce que c’est en tant que guide, ou en tant qu’ami ? », et puis je me suis dit « allez accepte, tu verras bien où ça te mène ! » Au final, nous avons passé une super soirée à nous promener dans la ville, puis nous avons dîné dans un petit restaurant/jardin très agréable, à l’alliance française.

 

Le lendemain, nous partions pour 3 jours de pirogue-trip dans les bolongs (les bras du fleuve Casamance, qui créent plein de petites îles) ! Modou me sort le grand jeu dans la pirogue : il a apporté une bouteille de vin pour l’apéro ! Un vin rosé chaud et bien costaud, dans une bouteille en plastique : du pur bonheur haha ! 😀 Au fil de la conversation (et des gorgées qui piquent), Modou m’explique que j’ai la morphologie des femmes diola (une des tribus locales) : des hanches, des fesses et des cuisses ! Et aussi le « i » et le « o », le « i » étant le nez droit et le « o » les joues !  J’ai droit à un cours de self-estime et à l’interdiction absolue de faire un jour de la chirurgie esthétique ! De là est né mon petit surnom, qu’il utilise toujours d’ailleurs : « le petit diola ».

 

Ce jour-là, nous rigolons encore beaucoup, et un jeu de séduction s’est clairement mis en place entre nous. Toute la journée, nous nous cherchons. Le soir venu, sur l’île de Niomoune, le chef du campement nous installe à table avec d’autres Français arrivés dans la journée, dont 3 qui font le tour du monde en voilier ! Après dîner, Modou me propose qu’on aille se balader. Il fait nuit noire donc on ne peut pas aller bien loin, mais nous nous installons sur le petit ponton au-dessus des bolongs pour regarder les étoiles. Nous discutons, et spontanément Modou me dit qu’il a envie de m’embrasser. Il n’attend pas ma réponse et nous nous embrassons sous le ciel étoilé. C’est là que notre histoire a commencé.

 

Nous poursuivons notre pirogue-trip les 2 jours suivants, jusqu’au Cap Skiring où nous goûtons à la joie des vagues de l’Atlantique ! Puis nous rentrons à Ziguinchor, et comme c’est l’anniversaire de Loko, le meilleur ami de Modou, je suis invitée à la soirée d’anniversaire ! Je mets ma jolie jupe en wax achetée 2 jours plus tôt, et me voilà prête pour les présentations officielles ! Modou doit d’abord repasser chez lui prendre quelques affaires, et à cette occasion je suis présentée à sa maman et à ses sœurs. Puis nous arrivons chez Loko et Marine et je suis présentée à toute la bande d’amis. Ca paraît assez dingue avec du recul, mais c’est comme si cette semaine ensemble avait été une relation en accéléré. Et tout s’est fait très naturellement, sans se poser de questions, et sans fausses promesses d’ailleurs. Nous étions juste tous les deux très heureux de vivre le moment présent.

 

Le lendemain, Modou était off, et je passais la journée avec Albert, un pêcheur : nous allions pêcher dans les bolongs ! Le soir, Modou, qui est entraîneur de foot d’une équipe de Ziguinchor, avait match. Je fus donc conviée à dîner chez Loko et Marine, et nous sommes allés au match ensemble (Modou avait passé la journée là-bas). Là encore, c’est assez dingue, j’avais le sentiment d’avoir toujours vécu ici, d’avoir mes petites habitudes, ma bande d’amis… Après le match, nous sommes rentrés tous les deux à l’hôtel comme si c’était notre chez-nous. Le lendemain, nous avons passé notre dernière matinée ensemble, et en milieu d’après-midi il m’a raccompagnée à l’aéroport. Je crois que je n’ai jamais autant pleuré. C’était juste impossible de m’arrêter, les larmes coulaient sans s’arrêter, c’était les chutes du Niagara ! Limite je hoquetais comme une enfant… Ce fût un vrai déchirement de se dire au revoir, et nous avons attendu le dernier moment pour nous quitter. Je suis repartie à Dakar pour la suite de mon voyage la mort dans l’âme…

 

« Nos âmes se sont reconnues » : c’est la phrase qui me vient à l’esprit quand je pense à lui. Nous ne nous sommes pas vus depuis 2 ans, mais l’amour et l’affection que l’on se porte sont toujours là. J’ai énormément de tendresse pour cet homme, je le porte dans mon cœur, et pour toujours je pense. « Un jour nous nous retrouverons, je ne suis pas pressé, j’ai confiance et je le sais. » : c’est ce qu’il me dit, et j’ai envie de le croire, car le destin fait bien les choses. Un jour peut-être, inchallah (expression qu’il emploie depuis qu’il me connaît haha 😀 ) ! « Tu as besoin de voyager, c’est ta passion, et moi j’aimerais mais je ne peux pas t’accompagner. Donc voyage, parcours le Monde, et quand tu auras fini, il y a un petit pays qui s’appelle le pays du bonheur, il est situé à Ziguinchor, c’est un tout petit pays et il t’attend. »

Amour de voyage - Leslie et Modou

Comments:

  • 07/12/2020

    Il est beau cet article, ça donne des frissons et des étoiles plein les yeux. j’ai un côté fleur bleue je crois car j’adore les belles histoires et surtout les belles rencontres. Les rencontres, c’est pas uniquement physique, c’est aussi émotionnel et spirituel (au sens large). Et forcément, les belles rencontres, c’est fascinant. Se dire que, avec tous les gens sur cette terre, c’est LUI/ELLE que je rencontre. Et puis, il y a le moment, c’est souvent à un moment où on s’y attend le moins. Il n’y a pas de hasard, et c’est ça qui est beau 🙂 Merci pour ces belles histoires 🙂

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