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Maroc - Illustration article Oualidia et Essaouira

Quand le mois de septembre 2019 pointe le bout de son nez, cela fait 9 mois que je n’ai pas eu de vacances (j’ai voyagé mais dans le cadre de mon travail), et cette année de prise de poste (nouvelle entreprise, nouveau métier…) m’a demandé beaucoup d’énergie. Je ressens alors un profond besoin de me ressourcer. Je décide donc de partir une semaine seule au Maroc, au bord de l’océan Atlantique qui me fascine tant.

Au programme de ce séjour : du soleil, du poisson frais, du farniente, des randonnées à cheval et à pieds, et la (re)découverte de cette côte atlantique marocaine, au pays des arganiers !

Cette région est idéale en saison estivale, entre mai-juin et septembre-octobre ! L’été, pendant les vacances scolaires marocaines, elle est prise d’assaut, mais en y allant un peu en décalé vous pourrez en profiter pleinement !

Quand le réveil sonne à 2h45 du matin, j’ai seulement 2h30 de sommeil au compteur. Mais, bizarrement, quand il s’agit de partir en vacances, j’ai une capacité à me lever du 1er coup assez incroyable ! En 30 minutes je suis donc levée, douchée, habillée, et la valise est bouclée. Mon Uber m’attend donc je pars en hâte, direction l’aéroport d’Orly. Mon vol décolle à 6h pétantes, et les 3 heures de vol passent plutôt vite car je finis ma nuit… Nous entamons la descente sur Essaouira et, à quelques minutes d’atterrir, l’avion remonte assez sec. Petit coup de panique, un monsieur 2 rangs devant moi, visiblement très stressé par l’avion, hurle et frappe dans son siège ! Je ne suis pas hyper rassurée non plus, mais c’est plutôt parce que je viens d’entamer le bouquin de Beigbeder qui raconte l’enfer vécu par les victimes du 11 septembre… Nous faisons un grand tour et aurons les explications du commandant de bord après avoir atterri : les vents sont changeant à Essaouira, donc il a fallu s’adapter !

Notre vol a atterri en avance, donc j’attends le monsieur de l’agence Avis avec qui j’ai rendez-vous à 9h pour récupérer ma voiture. Abdallah (c’est son nom) arrive à l’heure et m’annonce que ce matin, en allant faire le plein de ma voiture, elle s’est mise à grimper en température jusqu’à 90°C, donc je ne vais pas pouvoir prendre celle là. Il a demandé à un de ses collègues de Marrakech d’en ramener une autre, mais c’est à 2h30 de route donc je vais devoir être patiente. Je relativise en me disant que je préfère que ce soit arrivé à lui plutôt qu’à moi sur la route… Abdallah m’emmène donc en ville et m’offre le petit déjeuner en terrasse. Rien de mieux pour commencer la journée ! Et comment lui en vouloir : il est adorable. Puis nous faisons le contrat et attendons la voiture à la sortie d’Essaouira, dans une station service. Il est donc 10h50 quand je prends la route direction Oualidia.

J’arrive vers 13h30 avec une faim de loup ! Oualidia est réputée pour son ostréiculture : j’attends depuis des semaines de pouvoir m’offrir ce fameux plateau de fruits de mer !! Je m’installe à la terrasse d’un petit resto recommandé par le Routard et commence avec une assiette d’huîtres. Elles sont petites et ont un goût particulier, comme dans mes souvenirs : croyez-le ou non, l’eau de l’Atlantique n’a pas le même goût que chez nous par ici, les embruns la même odeur non plus ! Puis je commande une assiette de fruits de mer farcis et gratinés (c’est la première fois que j’en mange !) : huîtres, couteaux, moules, palourdes… Super bon !

Je pars rassasiée me promener sur la lagune. Car Oualidia, dans mes souvenirs, était une jolie lagune sauvage, protégée des vagues de l’Atlantique et toute mignonne car peu connue. Sauf que c’était il y a 10 ans… Et depuis l’autoroute Rabat-Safi l’a rendue plus accessible… Je découvre tout d’abord la plage qui est en dehors de la lagune, sur laquelle les pêcheurs accostent et vendent leur pêche. Chacun y va de son barbecue pour faire griller le poisson, tant et si bien qu’une partie de la plage est complètement enfumée ! Les couleurs et les odeurs sont au rendez-vous, âmes sensibles s’abstenir. Puis je me dirige vers la lagune et là, spectacle désolant : elle est envahie par les touristes locaux. Les serviettes et les parasols sont collés les uns aux autres, il n’y a même pas la place pour se promener entre, ça grouille de monde et c’est bruyant… Je suis super déçue de ne pas retrouver la Oualidia de mes souvenirs… Donc je reprends aussitôt la voiture pour retrouver le petit coin de paradis où je vais passer 2 nuits : l’Azalai Beach Cottage, à une vingtaine de minutes de Oualidia sur la côte, perdu au milieu de nulle part. Après 10 minutes de piste cabossée et ensablée, je suis arrivée, et les larmes de soulagement montent : je vais enfin pouvoir me (re)poser après 9 mois très intenses sans vacances. Quand j’arrive, personne. Donc je gare la voiture et visite les lieux : les chambres sont ouvertes sur le jardin luxuriant, la piscine au milieu du jardin invite au repos, le bruit des vagues qui se brisent sur la plage est omniprésent… Je m’y sens bien ! J’enlève mes chaussures, m’allonge sur un canapé du salon face au jardin, et sort mon bouquin. Une vingtaine de minutes plus tard, Lalie arrive désolée pour m’accueillir et me montrer ma chambre. Ce soir je suis seule dans le lodge, donc elle m’a surclassée. Ma chambre, spacieuse et décorée dans le style « côté Sud » comme le reste du lodge, donne sur un immense balcon avec vue sur le jardin et l’océan. Épuisée, je pique un petit somme et me réveille pour le dîner : crème de carotte au romarin (délicieuse), filet d’espadon et riz aux légumes, et crumble de pommes. J’avais oublié à quel point on mangeait bien dans les lodges Azalai ! Après le dîner, je retrouve mon canapé préféré puis sombre dans les bras de Morphée dans mon lit king size aux draps tout doux.

Azalai Beach Cottage et Camp

JOUR #2 : 02/09/2019

Après une nuit de 11 heures, c’est mon réveil qui me tire des bras de Morphée. Le bruit des vagues m’a bercée toute la nuit. En ouvrant les rideaux, quel bonheur de (re)découvrir cette vue ! La brume se dégage petit à petit et le soleil fait son apparition. Je descends pour prendre le petit déjeuner : une table est dressée pour moi sur la terrasse face au jardin. Le petit déjeuner est copieux et très bon : œufs au plat, msemen (crêpes feuilletées marocaines), croissant, gâteau, pain et confitures, fruits, jus d’oranges pressées et thé à la menthe.

Lalie me propose d’aller visiter le campement qu’ils installent sur la plage l’été, quand le temps est clément, et dont nous n’avions pas connaissance chez Voyageurs du Monde. Je prends la voiture pour effectuer les 2 km de piste et arrive au campement où m’attend Sofiane, que j’avais rencontré à l’Azalai lodge de Zagora en mai dernier ! Il me fait visiter le campement : c’est là que je veux passer mes prochaines vacances ! Les 4 tentes confortables sont installées sur la plage, face à l’océan. Rien autour, juste du sable et le bruit des vagues. On vous sert à dîner à la lueur des bougies, et on vous propose de pêcher ou de jouer au beach volley la journée.

Je reviens sur mes pas en voiture et aperçois en haut des rochers un petit âne bâté, qui éveille ma curiosité. Je gare la voiture un peu plus loin, et contourne à pieds les rochers. Je découvre une petite armée d’hommes et de femmes, pantalons retroussés et seaux à la main, affairés à ramasser moules et coques en tous genres ! Je prends discrètement quelques photos mais ne tarde pas à être démasquée. Il faut dire que je suis la seule touriste dans le coin, et j’ai eu la bonne idée de mettre une combi-short ce matin… Je ne passe donc pas inaperçue ! Mais passé l’étonnement et après les salamalecs, le ramassage reprend et je m’assois dans le sable mouillé, à l’ombre d’un rocher, pour lire face à la mer. Instant béni.

De retour à l’Azalai, le maillot de bain semble être la tenue la plus appropriée, et je file à la piscine. L’eau est bonne et me rafraîchit un peu. Je passe l’après midi ici, en alternant chaise longue et piscine, à lire et bronzer. Plusieurs fois je suis tentée de me lever, de faire quelque chose, de me mettre en mouvement, de retourner dans ma chambre pour sortir ma to do list des vacances (sur laquelle il est de toute façon noté « m’ennuyer »). Et puis je me raisonne : « non, reste là tranquille à t’ennuyer un peu, ça te fait du bien, ça te change de d’habitude et tu en as besoin ! » Ah si, j’ai changé de chaise longue quand le soleil a tourné ! Bref, ce fut une journée oisive, et cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé.

En fin d’après-midi, je retourne vers le lodge pour boire un jus de fruits frais et je finis mon bouquin, commencé hier, peu de temps avant le coucher du soleil. Je l’admire de mon balcon, puis descends dîner face au ciel qui rosit à vue d’œil. La lumière est splendide. Au menu : légumes grillés en entrée, poisson et légumes frais en plat, coulant au chocolat en dessert. Après dîner, je monte dans ma chambre et laisse la porte fenêtre ouverte pour entendre le bruit des vagues…

Safi et Sidi Kaouki

JOUR #3 : 03/09/2019

Ce matin, je n’ai pas très envie de me lever, ni de quitter l’Azalai d’ailleurs… Je descends prendre mon petit déjeuner et remonte me mettre au lit. Je lézarde ainsi jusqu’à midi environ, et je me décide à plier bagage. J’ai un peu de route à faire pour retrouver mon auberge de ce soir, à Sidi Kaouki au Sud d’Essaouira. C’est le point de départ de la randonnée à cheval de 2 jours qui débute demain ! En descendant mes affaires, je discute avec une journaliste française qui a passé l’été à l’Azalai pour donner un coup de main (et profiter du lieu par la même occasion). Nous restons finalement 1 heure à discuter du Maroc et de sa schizophrénie à tous les niveaux. Discussion très intéressante ! Puis je reprends la voiture et longe la côte : que j’aime le côté brut et sauvage de l’Atlantique !

Après une demi-heure de route, j’arrive à Safi, réputée dans tout le Maroc pour ses poteries (du fait de sa terre argileuse très ferrugineuse). La dernière et unique fois que je suis venue à Safi, c’est parce qu’avec une amie, en weekend au départ de Casa, nous avions fait quelques tête à queue en voiture et il fallait réparer le radiateur avant de continuer la route jusqu’à Essaouira ! Un garage nous avait réparé ça pour 3 fois rien et nous avions mangé du requin fraîchement pêché en attendant ! Quel souvenir ! Je me balade donc dans les jolies ruelles de la médina : des enfants jouent aux billes sur les plaques d’égouts, des mobylettes se croisent dans les ruelles étroites, du linge sèche aux fenêtres… Que j’aime l’atmosphère des médinas ! Celle-ci est particulièrement calme, mais c’est aussi parce que c’est l’heure de la sieste… Au détour d’une ruelle, deux hommes font griller des sardines. Je les salue en arabe, et s’enclenche la traditionnelle discussion : « tu parles arabe ? Chouya chouya ! Tu es marocaine ? La, francaouia ! Mzien ! Tu cherches les poteries ? » J’avais l’intention de poursuivre ma visite vers la colline des potiers en effet, donc ils commencent à m’expliquer rapidement « tu tournes à gauche, après à droite et encore à gauche… ». Un jeune homme qui arrive en sens inverse propose de m’accompagner pour me montrer le chemin. C’est cette gentillesse que j’aime tant au Maroc. Il a un sac à dos donc je lui demande s’il est étudiant, il me répond que non, son oncle est mort donc il part en voyage pour rejoindre la famille. Bon, raté pour cette fois… Puis le monsieur qui faisait griller les sardines nous rattrape et le libère de sa mission : c’est finalement lui qui m’accompagnera visiter la colline des potiers car il travaille là-bas en tant qu’artiste-décorateur et se fait un plaisir de me faire visiter. Il s’appelle Abdelrami (Abdou) et il m’explique les différentes étapes de cuisson-décoration des poteries. Il m’emmène là où je n’aurais sûrement pas osé m’aventurer par moi-même. Nous rencontrons Mohamed, qui me fait essayer le tournage : vraiment pas évident ! Et sa dextérité est impressionnante ! Puis le séchage au soleil, le four traditionnel (aujourd’hui remplacé en partie par un four à gaz), la peinture, l’émaillage, et la 2e cuisson. Visite très instructive. Pour le remercier, j’invite Abdou à boire un jus (je rêve d’un jus d’avocat depuis que je suis arrivée), et lui donne un petit billet.

Il me reste encore 2h de voiture pour arriver à Sidi Kaouki et retrouver l’auberge qui m’accueille pour 3 nuits, les 2 filles avec qui je fais la randonnée à cheval de 2 jours, Rachid notre guide et Abdessalam notre cuisinier. Les filles sont Suisses, et c’est la panoplie complète de la bimbo : micro short, faux ongles de 3 mètres de long, maquillage à gogo… Sans compter qu’elles n’ont a priori qu’un cerveau pour 2 : « comment ça s’écrit atypique ? » « A-T-H-I-P-Y-Q-U-E ». Au secours… Qui a dit que l’équitation était un sport d’élite ? Bref, je prends sur moi et discute surtout avec Rachid et Abdessalam, qui ont l’air d’être adorables. Après avoir admiré le coucher de soleil au bord de la piscine, nous dinons dans la tente, au chaud, un délicieux tajine après une bonne harira (soupe marocaine) ! Rebecca la Suissesse demande s’il y aura du café au petit dej, et pour plaisanter je lui réponds que non, que c’est interdit dans l’islam, en faisant un clin d’œil complice à Abdessalam qui rentre dans mon jeu ! Sa réaction : « ah mais oui c’est vrai !! » (elles sont irrécupérables…)

Rando à cheval à Essaouira

JOUR #4 : 04/09/2019

Rebecca la Suissesse a enfilé son beau pantalon de cheval rose (je ne savais même pas que ça existait !), ses chaussettes roses, sa casquette rose et son tee-shirt transparent (j’ai hâte de voir la tête des gens dans les petits villages qu’on va traverser !), et nous voilà prêtes pour le petit déjeuner puis la rencontre avec nos montures ! Je fais la connaissance de Joss, étalon arabe barbe de robe grise, avec qui je vais explorer la région ces 2 prochains jours. Petit coup de brosse, de cure-pied, et on enfile selle et filet. Abdessalam m’installe discrètement un coussin en laine de mouton sur la selle : je crois qu’il me préfère aux 2 bimbos, qui n’ont pas eu droit à cette délicate attention ! En tout cas mes fesses peu habituées aux longues randonnées l’en remercient !

Nous passons la journée au milieu de nulle part, sur des chemins très caillouteux et escarpés. La région est vraiment très désertique et caillouteuse, les terres sont quasiment incultivables, seuls les arganiers tirent leur parti de ces conditions climatiques. Les parcelles de terre sont toutes entourées de murs de pierre blanche, c’est du plus bel effet ! Nous traversons quelques petits villages, tous construits en pierre blanche. Au bruit des sabots sur les cailloux, les habitants sortent de leur maison pour nous saluer. Je pense que nous sommes leur seule distraction de la journée… Nous croisons des ânes, des dromadaires, des moutons et des chèvres, et à chaque fois la même réaction des Suissesses : « OOOOoooooh !! C’est trop chouuuuu ! » A la mi-journée, nous faisons boire les chevaux au puits, et trouvons un coin d’ombre pour pique-niquer. La discussion est assez pénible pour être honnête, car les filles sont pleines d’a priori et n’ont aucune psychologie, donc elles n’arrêtent pas de faire des réflexions désobligeantes sur la façon dont les gens vivent au Maroc, la façon dont ils élèvent les animaux, dont ils montent à cheval, la culture, la nourriture… Bref, elles font partie de ces gens que le voyage ne rend pas beaucoup plus intelligents, et j’ai mal au cœur pour Rachid qui prend sur lui et que je vois encaisser toute la journée sans rien dire… Plusieurs fois il dit aux filles de garder les distances entre les chevaux, mais elles n’en font qu’a leur tête « parce qu’en Suisse on peut monter en lâchant les rennes ». Sauf qu’au bout du 2e coup de cul, Rachid s’énerve et engueule l’une des 2 Suissesses en mode « bon écoute ici c’est pas comme ça qu’on monte à cheval, donc si tu sais pas monter tu descends ! » Ambiance ambiance… Nous rentrons à l’auberge dans une atmosphère un peu tendue ! Mais pour ma part j’ai kiffé toute la journée !

Après s’être occupé des chevaux, petit plongeon dans la piscine : l’eau est bonne et ça détend (même si ça n’empêchera pas les courbatures !). Après une bonne douche, direction la tente pour le dîner. Abdessalam nous a préparé un couscous délicieux ! Une petite verveine et au lit !

Rando à cheval à Essaouira

JOUR #5 : 05/09/2019

Ce matin, c’est la Suissesse Audrey qui a enfilé son plus beau tee-shirt léopard pour monter à cheval ! Mais Rebecca n’est pas en reste : elle enfile un tee-shirt orange fluo, et toujours chaussettes et casquette roses ! Après un bon petit déjeuner préparé par Abdessalam et dégusté sur la terrasse (rien ne vaut un petit dej « à la fraîche » pour se réveiller), nous préparons les chevaux. Etant donné les tensions de la veille, j’ai convaincu les filles de faire un point avec Rachid avant de partir afin de se mettre d’accord sur les « règles » de la journée, pour que tout se passe bien. Règle n°1 : garder ses distances. Règle n°2 : tenir ses rennes. Règle n°3 : prévenir les autres avant de partir au trot ou au galop pour éviter les effets de surprise. Tout le monde est d’accord, yallah ! Rebecca nous fait une rebeccade : « c’est inadmettable… Ah non inadmissible ! » On est rassurés, elle est en forme !

Le programme de la journée est clair : nous prenons la direction de la plage ! Nous traversons un peu de végétation aux odeurs de maquis corse, et le sable se fait de plus en plus présent… Une fois sur la plage, la première impression est un peu mitigée : nous traversons une marée de déchets, recrachés par l’océan… Mon cœur se serre devant tant d’ordures. Heureusement, le reste de la plage est plutôt propre et sauvage. Le bruit des sabots sur le sable humide se mêle au bruit des vagues et aux odeurs d’embruns (Rebecca : « c’est quoi les embruns ? »). Je laisse les autres prendre de l’avance pour profiter de ces instants merveilleux avec Joss, qui semble avoir envie de clapotis dans les vagues ! La plage étant à perte de vue, nous ne résistons pas à l’envie d’un petit puis d’un grand galop : quelle sensation de liberté ! Les mouettes s’envolent à notre approche et se perdent dans le scintillant de l’eau. Une fois au bout de la plage, la marée est trop haute pour contourner la falaise donc nous l’escaladons en danseuse pour soulager le dos des chevaux qui donnent de bons coups de reins pour réussir à nous hisser au sommet. Les cailloux roulent sous leurs sabots, et quelques glissades plus tard nous arrivons en haut, et admirons la vue. Un jeune peintre est installé au bord de la falaise, face à l’immensité de la plage, et il couche sur la toile le bleu de l’océan qui rencontre le beige du sable. Nous échangeons quelques mots avec lui et continuons notre route vers une 2e plage. Au bout de cette 2e plage, une immense dune de sable cache une source d’eau et une petite oasis. Le paysage semble artificiel tellement il est surprenant ! Nous poursuivons notre chemin au travers de vallées, canyons, montagnes de cailloux à escalader… Les chevaux commencent à fatiguer, ils sont trempés de sueur. Nous longeons un petit oued grâce auquel la végétation est luxuriante, et trouvons un coin d’ombre pour attacher les chevaux et pique-niquer. Il est déjà 14h et nous avons fait le plus dur.

Après le pique-nique, la traditionnelle sieste (1 heure, pas plus pas moins) ! Et nous repartons pour la plage. Nous rentrons tranquillement après avoir escaladé la grosse dune de sable, la plage est à nouveau à nous et rien qu’à nous ! Les filles partent devant et Rachid en profite pour me parler. Lui non plus ne supporte plus les Suissesses. Il me dit : « tu as remarqué que je pars loin devant à chaque fois ? » et moi de lui répondre : « tu as remarqué que je reste loin derrière à chaque fois ? » Je lui souhaite bien du courage pour demain car je ne fais que 2 jours de rando sur 3 (mon genou droit commençait à me lâcher lors du 2e jour de rando au Sénégal donc je ne voulais pas tenter le diable), donc il va passer la journée seul avec elles ! Et nous faisons un dernier grand galop sur la plage alors que le soleil commence à décliner à l’horizon.

De retour à l’auberge, quelques longueurs dans la piscine permettent de se détendre et d’éviter trop de courbatures. Abdessalam nous a préparé un goûter de rêve : thé à la menthe, fruits secs et crêpes ! Il est 19h mais nous ne résistons pas ! Après une bonne douche, le dîner nous attend sous la tente : soupe de légumes et tajine de poulet au citron et aux olives. Je tombe de sommeil…

Sidi Kaouki et Essaouira

JOUR #6 : 06/09/2019

Je me réveille en même temps que les Suissesses et nous prenons le petit déjeuner ensemble, mais aujourd’hui je ne les accompagne pas en balade. Audrey, naïvement, sort « c’est trop bien on va connaître des gens dans le monde entier, comme ça quand on va quelque part on connait toujours quelqu’un avec qui boire un verre ! » Sourire gêné. Avec Abdessalam nous les regardons s’éloigner et retournons vaquer à nos occupations. Pour ma part, ce sera lecture au bord de la piscine. Le temps est vraiment maussade aujourd’hui, la grisaille ne se dissipe pas comme les autres matins. Abdessalam vient s’assoir sur le transat d’à côté pour papoter un peu, puis il est l’heure de plier bagage pour rendre la chambre avant midi. En allant mettre ma valise dans la voiture, je me rends compte qu’il pleut un petit crachin. Essaouira est souvent comparée à Saint Malo, je comprends pourquoi ! Du coup je m’installe à l’abri dans le petit salon pour bouquiner en attendant l’heure du déjeuner. Abdessalam a préparé une salade joliment présentée, et nous passons facilement 2 heures à discuter sous la tente : il me raconte sa vie, sa femme et ses enfants qui vivent à Ouarzazate, son enfance pas facile (son père est décédé quand il avait 11 ans donc il n’a pas eu la chance de ses grands frères et sœurs d’aller à l’école, il a dû arrêter pour travailler et gagner sa vie), ses précédents boulots… On discute projets touristiques au Maroc et il me donne des conseils pour ne pas me faire avoir.

Vers 15h, je décide de prendre la route pour Essaouira. J’envoie un message whatsapp à Abdallah, le gérant de l’agence Avis, pour lui demander jusqu’à quelle heure je peux lui ramener la voiture ce soir. Sa réponse : « normalement 19h, mais pour toi 24h/24 » Je crois qu’il s’en veut encore de m’avoir fait attendre 2h pour la récupérer à mon arrivée ! En une trentaine de minutes, j’arrive à Essaouira. Je décide de garer la voiture à l’entrée de la médina pour déposer rapidement mes bagages au riad, puis de la ramener à Avis dans la foulée. Le parking est payant, donc je demande au gérant combien c’est pour 15 minutes et lui explique ce que je compte faire. Il me dit « vas-y, pas de souci, je te le fais gratuit ». En entrant dans la médina, j’entends au moins 2 fois « welcome in Morocco ! », ça fait plaisir ! Je trouve facilement mon riad, dont la porte d’entrée est soigneusement gardée par 2 chats, mais personne ne répond. Je toque une fois, deux fois, six fois, et toujours rien. La voisine sort à ce moment là donc je lui demande si je peux utiliser son téléphone pour appeler. Son fils sort pour appeler, il échange quelques mots en arabe et la porte s’ouvre. Zara, la femme de ménage/réceptionniste s’excuse : la machine à laver était en plein essorage donc elle ne m’a pas entendue frapper ! Je remercie tout le monde et suis moi-même soulagée. J’explique à Zara que je dépose juste les bagages et reviens après avoir rendu la voiture. L’agence Avis n’est pas loin, et arrivée sur place je retrouve Abdallah tout endimanché dans son costume ! Il ne vérifie même pas l’état de la voiture ni le plein, et me rend ma caution. Il me demande à quelle heure est mon vol lundi, vérifie sur son ordinateur et comme il n’a pas de réservation me propose de m’emmener à l’aéroport pour éviter de payer le taxi : royal ! Je reviens à pieds au riad et retrouve Zara, qui s’avère être un vrai phénomène ! Elle ne parle que très peu anglais donc je l’aide à traduire auprès de 2 Allemandes qui galèrent en langue des signes ! Elle n’arrête pas de plaisanter et de rire, c’est hilarant de la regarder ! Elle me prépare un petit thé à la menthe que je bois sur la terrasse en bouquinant. J’avais demandé une chambre lumineuse donc j’ai hérité de celle sur la terrasse : je suis tranquille et j’ai la terrasse pour moi toute seule la plupart du temps !

En fin de journée, je redescends au rez-de-chaussée avec mon plateau dans les mains. Depuis mon arrivée, ma puce de téléphone marocaine semble ne plus fonctionner, mais j’étais toujours dans des trous perdus donc je n’avais rien pu faire. J’en parle à Zara et à son mari qui l’a rejointe car ils se relaient au riad (elle fait la journée et il fait la nuit). Zara étant sur le départ, elle me propose de m’accompagner au magasin pour régler ça. En sortant, je lui dis « mais du coup avec ton mari, vous ne faites que vous croiser ? » Sa réponse : « hamdoulilah ! » (grâce à Dieu !) Cette femme me fait trop rire ! On règle le souci de ma puce (périmée donc j’ai dû en racheter une), et elle me propose de me montrer 2 stands qu’elle aime bien dans les souks : une femme qui fabrique des objets en raphia, et un herboriste où elle achète toutes ses épices. Puis je la raccompagne jusqu’à la porte de la médina. Sur le chemin, elle m’explique qu’elle essaie d’apprendre l’anglais mais qu’elle trouve ça compliqué. Elle me cite les mots qu’elle connaît et qu’elle utilise le plus avec les touristes. Je me dois de lui expliquer la différence entre « beach » et « bitch » car elle n’a pas la bonne prononciation, et là c’est fou-rire général, elle pleure de rire en se rendant compte qu’elle a insulté beaucoup de touristes de salopes sans le savoir ! Elle n’arrive plus à s’arrêter de rire, et son rire est tellement communicatif que moi non plus ! Elle s’éloigne en pleurant et en me saluant. Quel phénomène !

Je reviens sur mes pas car ce soir j’ai réservé une table à l’Heure Bleue, un relais et châteaux dans la médina. Le cadre est splendide : un magnifique riad avec patio et jardin central, une décoration classique et cosy, un petit concert d’oud (luth)… J’apprécie le petit verre de vin rouge marocain, et après plusieurs petites mises en bouche arrive l’entrée : œuf poché basse température, velouté d’orge pelé, thym et caviar de chia. Puis le plat : jarret de bœuf confit aux épices, jus réduit au balsamique. Petite déception pour la viande, que j’ai trouvée trop sèche. Le chef de cuisine est venu pour me proposer un autre plat, mais je n’avais plus faim, donc il m’a offert le thé à la menthe et ses mignardises. Après dîner, je décide de faire une petite marche digestive dans les rues de la médina, encore animées à cette heure tardive. La rentrée des classes est dans quelques jours, donc tout le monde s’affaire à trouver les dernières fournitures scolaires, le cartable, la blouse d’écolier… La médina est envahie d’articles pour la rentrée, c’est attendrissant !

Essaouira

JOUR #7 : 07/09/2019

Matinée empreinte de paresse, je reste au lit jusqu’à quasiment midi, avant de me motiver pour sortir flâner dans la médina. Appareil photo sur l’épaule (si ce n’est à l’œil), j’arpente les ruelles de cette médina, tantôt animée tantôt déserte, selon les ruelles. J’aime observer les scènes de vie qui s’y déroulent, si différentes des nôtres. A Essaouira les commerçants sont moins insistants qu’à Marrakech, beaucoup de prix sont affichés, la ville affiche clairement son état d’esprit « baba cool ». D’ailleurs, il n’est pas rare d’y voir des hippies avec sarouel et dreadlocks ! Essaouira, au carrefour de différentes tribus, a toujours été le berceau des arts et de l’artisanat, mais aussi de la tolérance. Le vent qui souffle 10 mois sur 12 chasse les mauvaises intentions, et seule la bienveillance est de rigueur.

Dans une petite ruelle étroite, j’aperçois 3 tables collées contre le mur avec de jolis dessus de table colorés. Le menu est alléchant : ça sent la bonne cuisine familiale et pas chère ! Je m’installe et déguste un délicieux tajine de lentilles et légumes aux épices, puis un yaourt fait maison avec un peu de miel et quelques fruits secs, un thé à la menthe et une grande bouteille d’eau minérale, pour 7€ seulement… Une adresse que vous pourrez retrouver sur ma carte Mapstr ! Puis je poursuis ma visite de la médina, passe par la sqala (les remparts de la ville où ont élu domicile pas mal de commerçants).

Je suis attendue à 17h pour un hammam-gommage-enveloppement au ghassoul-massage. J’ai encore pas mal de courbatures de la rando à cheval donc j’en ai vraiment besoin ! J’adore le hammam : en culotte dans la pièce chaude, on se fait chouchouter par la taiaba qui vous verse de l’eau chaude, vous lave au savon, vous frotte pour enlever les peaux mortes (quand je vois la quantité qu’elle enlève à chaque fois, j’ai presque honte, je me dis qu’elle doit nous trouver bien sales, nous autres occidentaux !), vous lave les cheveux… Entre chaque étape s’écoule de longues minutes, pour laisser aux produits le temps d’imprégner la peau. On en profite pour réfléchir, s’ennuyer, le cerveau se repose autant que le corps. Puis on m’installe dans une chaise longue pour siroter un petit thé, et me voila prête pour le massage. J’avais demandé un massage relaxant mais avec des pressions pour mes contractures : la masseuse a très vite cerné où elles étaient et a appuyé, appuyé, appuyé… Plus je gémissais de douleur plus elle appuyait ! Autant vous dire que la 1ère partie du massage ne fut pas très agréable, mais en sortant j’étais vraiment détendue ! On verra demain si les courbatures sont parties !

En sortant du spa, je me suis mise en quête d’un restaurant et j’ai eu envie d’en tester un qu’on m’avait recommandé. Il s’agit du riad le plus coloré du Maroc, Salut Maroc, qui dispose d’un restaurant sur son toit terrasse. La vue sur l’océan et le coucher de soleil est incroyable. Et le weekend il y a des concerts de musique live gnaoua fusion. Je passe une bonne petite soirée mais suis tellement abattue par mon hammam/massage que je rentre vite me coucher. L’humidité est vraiment élevée dans mon riad donc je suis contente de le quitter demain car je commence à être à moitié malade… Trop fatiguée pour faire mes valises, ça attendra demain matin !

Essaouira, rando à Sidi M'Barek

JOUR #8 : 08/09/2019

Ce n’est pas la grande forme ce matin, j’ai des sueurs froides, envie de vomir et mal à la gorge. Je ne sais pas si c’est l’humidité ou un coup de froid hier en sortant du hammam, mais j’hésite à annuler ma randonnée de ce matin, et je me ravise : j’ai randonné aux cinque terre avec 40 de fièvre, je peux faire la rando de ce matin ! Il est trop tôt pour pouvoir prendre le petit déjeuner au riad donc je me mets en quête d’un jus d’avocat dans la médina, encore toute endormie (les commerçants commencent à ouvrir entre 9h et 10h). Je retrouve comme convenu à 9h mes guides du jour à Bab Marrakech (une porte de la médina) : Claudia, Allemande installée depuis 8 ans au Maroc et parlant parfaitement français, et Naima, Marocaine originaire de la région. Elles m’offrent 2 randonnées pour que je les découvre et puisse mieux en parler à mes clients. Nous récupérons au passage une Française, Marie, et une Allemande et son grand fils, tous deux parlant également parfaitement français (le papa est Français). Direction le Sud d’Essaouira et les grandes plages désertes que j’ai arpentées quelques jours plus tôt à cheval. Nous sommes accompagnés par la chienne de Claudia, et parcourons la longue plage déserte, les pieds quasiment dans l’eau. Le soleil commence à chauffer sur la peau, et le sable se colle sur les mollets enduits de crème solaire. Nous arrivons aux cascades de Sidi M’Barek par en haut, les bergers viennent pour y faire boire leurs animaux. Quelle que soit l’époque de l’année, il y a toujours de l’eau, mais après les sécheresses de l’été, seul un filet d’eau descend les différents paliers de la cascade. Nous la traversons et arrivons à une maison accrochée à la colline : il s’agit d’un marabou. Au Maroc, le marabou est la sépulture d’une personne qui faisait office de référent religieux, de wali, une sorte d’imam de campagne, qui pouvait également avoir des compétences médicinales ou intellectuelles. Sa sépulture est couverte d’un drap vert (couleur importante en islam) et les gens viennent de loin en pèlerinage sur sa tombe. Selon les croyances, plus ils restaient longtemps plus ils avaient de chances de solutionner leur problème (de santé souvent). C’est pour cette raison qu’à la salle de la sépulture est attenante une petite maison qui est destinée à accueillir les pèlerins de passage, ainsi qu’une salle de prière. Les lieux sont aujourd’hui beaucoup moins souvent occupés qu’avant.

Nous continuons la balade le long de l’oued qui approvisionne les cascades et bifurquons vers le petit village en hauteur. Nous sommes attendus pour le thé dans une famille qui nous ouvre les portes de sa maison. Nous devons enlever nos chaussures et nous laver les pieds avant d’entrer dans la pièce de vie. Le père et le fils viennent tout juste de rentrer du souk hebdomadaire au village voisin. Ils ont vendu leur récolte et acheté de quoi manger pour la semaine. Un véritable festin accompagne le thé au thym ; du pain fait maison cuit au four à bois et plein de choses pour le tremper dedans : de l’huile d’olive, de l’amlou (pâte à base d’amande, d’huile d’argan et de miel), du beurre rance, du miel… Et plein de fruits secs. Nous discutons avec le père de famille pendant que sa femme est en cuisine, puis sa fille de 2 ans et demi le rejoint pour un moment de tendresse. C’est une vraie chipie ! Nous les remercions chaleureusement pour cet accueil et retrouvons notre chauffeur en contrebas pour rentrer sur Essaouira. Dans la voiture, en discutant avec Marie la Française, nous nous apercevons que nous prenons le même vol le lendemain. Je la convaincs de faire la balade du lendemain matin avec moi avant de prendre l’avion, et nous la déposons à son riad avant de poursuivre jusqu’au mien. Je récupère mes bagages et pendant que Zara va chercher une carossa (un monsieur avec un chariot pour transporter les choses lourdes dans les ruelles de la médina), je lui écris sur une feuille toutes les expressions en anglais dont elle pourra avoir besoin avec les clients. La carossa arrive, c’est le moment de se dire au revoir et de filer à la Villa Maroc, une maison de charme qui m’a offert ma dernière nuit au Maroc pour que je puisse les tester. J’avoue que je suis heureuse de quitter mon riad pour un environnement plus sain… La Villa Maroc est magnifique, il s’agit de 4 riads reliés entre eux (le dédale d’escaliers fait que je me perds à chaque fois), et le service est celui d’un bon 4*. Je prends une douche et m’écroule sur le lit : je sens que mon corps lutte mais ne résiste plus. Au lieu d’aller faire mes achats dans la médina comme prévu, je dors 3 bonnes heures… Au réveil, toujours patraque, je décide de sortir tout de même marcher un peu et manger une bonne soupe. Puis je rentre lire quelques lignes au coin du feu de cheminée, avant de rapidement trouver le sommeil…

Essaouira, rando dans l'oasis Ain Lahdjar

JOUR #9 : 09/09/2019

Je retrouve comme convenu Naima et Marie à la porte de la médina la plus proche. Elles sont accompagnées d’Amanda, une Anglaise qui reste 2 mois à Essaouira chez une amie avant que le brexit ne l’empêche de voyager ! Elle est étonnante : à la fois zen limite planante, et paniquée pour un rien. Nous prenons la route d’un oasis au Nord d’Essaouira, celui de Ain (source) Lahdjar. J’aime observer la vie des oasis, on y voit les gens travailler la terre, élever leurs animaux… On se rend compte à quel point l’eau est synonyme de vie. Le système d’irrigation est aussi très impressionnant car il irrigue tout l’oasis, et les canaux sont bloqués et déviés par les habitants pour desservir une parcelle plutôt qu’une autre selon l’heure de la journée. Tout est étudié et pensé équitablement. Naima nous fait goûter à plein de petits fruits et aux noix d’arganier, qui laissent un goût amer en bouche après leur petit goût de noisette. Nous admirons le plus vieil arganier de la région, sûrement de plusieurs centaines d’années. Les figuiers de barbarie souffrent depuis 2 ans d’une invasion de cochenilles qui les font pourrir sur place. Aucun n’est épargné, et ces champs de cactus morts font mal au cœur… Nous remontons jusqu’à la source de l’oasis, puis continuons sur la colline caillouteuse où les habitants viennent creuser des meules car la pierre y est extrêmement dure et lourde. Ils font le tracé rond dans la pierre, puis commencent à tailler… Travail de titan.

Après cette balade dans l’oasis, Naima nous propose de nous emmener rencontrer une famille qui tisse le jonc pour en faire toutes sortes d’objets, des paniers notamment. Nous observons Rachid utiliser son métier à tisser le jonc : ses gestes sont rapides, précis et sûrs. Il fait de beaux paniers, et nous en achetons chacune un pour quelques dirhams seulement… Ça donne envie de passer une grosse commande d’objets de déco, mais je remets ça à plus tard, quand j’aurai mon riad !

Nous rentrons à Essaouira et j’ai peu de temps pour faire les achats que j’avais initialement prévu de faire la veille. Je fonce donc chez Habiba, qui tient une épicerie/herboristerie et qui propose de bons produits à prix honnêtes, puis chez le marchand de poteries que j’avais repéré il y a 2 jours et qui pratique aussi des prix honnêtes. Je repars avec 4 kilos supplémentaires de bagages, et comme il est 15h je commence à avoir un petit creux… Je m’arrête manger une pastilla et réalise que mon avion décolle dans 2h30, que je n’ai pas encore mangé, que je dois rentrer à l’hôtel, prendre une douche, faire ma valise et essayer de caser tous mes achats, puis aller à l’aéroport ! Je suis laaaaarge ! Le timing fût serré, mais tenu : Abdallah, le gérant de l’agence Avis, m’attendait bien comme convenu pour m’emmener à l’aéroport gratuitement (trop sympa). Nous avons même pris 5 minutes pour boire un thé avant l’embarquement (là j’avoue c’était vraiment pour jouer avec le feu). De l’autre côté des contrôles, je retrouve Marie qui commençait à s’inquiéter pour moi, et nous faisons le vol côte à côte à papoter. Nous nous rendons compte qu’elle n’habite pas loin de chez moi donc nous partageons un Uber pour rentrer une fois à Paris, en se promettant d’aller boire un café à l’occasion. C’est ça aussi les vacances : de belles rencontres ! Et puis toutes les bonnes choses ont une fin, il faut défaire la valise et lancer une lessive, car demain c’est boulot…

 

« Rester c’est exister, mais voyager c’est vivre. »

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