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Ce voyage, c’est mon 10e au Maroc. Ce pays, je le connais déjà sur le bout des doigts, mais c’est toujours un bonheur de le redécouvrir, et surtout de le faire aimer aux autres. Comme souvent, je me rends au Maroc accompagnée d’amis, chargée d’une mission : leur faire rencontrer le Maroc, le vrai, ou les réconcilier avec dans certains cas, toujours avec la certitude que cela se finira en une belle histoire d’amour ! 🙂 En 2016, c’est mon amie Séverine que j’emmène dans mes bagages. Elle a déjà mis les pieds au Maroc une fois, il y a un bon bout de temps, et s’en remet à moi pour lui donner un petit aperçu de mon Maroc à moi. C’est notre premier voyage ensemble, et il se déroule à merveille. Nous partageons la même curiosité, la même simplicité, le même amour des rencontres, et accueillons la différence avec bienveillance et sans jugement, ce qui rend le voyage mémorable. Nous n’avons pas peur des kilomètres, et tant mieux, car nous en avons fait durant ce voyage ! Basées à Marrakech, nous avons sillonné les alentours, de la côte atlantique (Essaouira) au Moyen-Atlas (lac de Bien el-Ouidane et cascades d’Ouzoud) en passant par le Haut-Atlas (vallée de l’Ourika) et le désert d’Agafay. Sans oublier la visite de Marrakech et de ses incontournables. Petit aperçu de ce que l’on peut faire en une semaine (5 jours pleins) à Marrakech !

Maroc - Devant le lac de Bin el Ouidane

La journée d’aujourd’hui est dédiée à la visite de Marrakech et de ses incontournables. Nous commençons par nous rendre sur la place Jemaa el Fna et nous perdre dans les souks tout autour de la place. Au fil de nos déambulations, nous arrivons à la medersa Ben Youssef, cet ancien internat qui accueillait de jeunes étudiants en théologie notamment. On peut visiter les petites chambres des étudiants (qui s’apparentent plus à des cellules de prison vu leur taille), la salle de prière et la nef centrale, somptueusement décorée : les façades sont finement ciselées, les colonnes décorées de zelliges colorés… Ce monument est une pure merveille !

Puis nous poursuivons notre visite au musée de Marrakech, ancien palais Mnebhi, à quelques dizaines de mètres de la medersa Ben Youssef. Le palais, construit à la même époque que le palais Bahia et Dar Si Said, s’agence autour d’un patio central à ciel ouvert. L’intérieur est richement décoré alors que l’extérieur est assez austère. L’ensemble du palais (entrée, patio, pièces centrales, douiria et hammam) accueille des expositions permanentes sur la culture berbère et temporaires d’art contemporain. J’ai particulièrement apprécié l’exposition du moment, faite de plats à tajine peints dans des couleurs très flashy avec des messages de paix et de tolérance.

Juste à côté du musée de Marrakech (juste en face en sortant) se trouve la Qobba almoravide. Ce dôme est sûrement le dernier monument de la culture almoravide (XIe siècle) de Marrakech, le reste ayant été détruit. Les croyants y faisaient leurs ablutions avant de se rendre à la mosquée Ben Youssef toute proche. Son eau provenait d’un système d’irrigation souterrain en bronze, amenant l’eau des montagnes de l’Atlas.

Puis, après un bon couscous, nous arrivons au palais Bahia, sûrement l’un des mieux conservés et les plus richement décorés de Marrakech. Ce palais combine architecture arabo-andalouse, décoration intérieure somptueuse, et art du jardin. La palais ne compte pas moins de 150 pièces, dont une bonne partie est décorée de peintures et de sculptures, une cour gigantesque de 50 mètres sur 30 (récemment rénovée d’ailleurs), et plusieurs patios et jardins plantés d’orangers, grenadiers, bananiers, palmiers… Une vraie bouffée d’oxygène en plein Marrakech !

Nous terminons notre journée sur la place des ferblantiers, toute proche du palais Bahia, où nous admirons les artisans travailler le fer blanc pour fabriquer toutes sortes d’objets.

Jardin Majorelle et vallée de l’Ourika

Jour #2 : 15/10/2016

Notre matinée est dédiée à la visite du jardin Majorelle. Créé par le peintre Jacques Majorelle en 1922, il est racheté par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en 1980 pour le sauver d’un projet immobilier qui aurait conduit à sa destruction. Le jardin de 9000m² est constitué d’allées qui s’enchevêtrent et nous conduisent de découverte en découverte. La collection de cactées et plantes exotiques en tout genre est impressionnante, les couleurs vives m’ont toujours plongée dans une atmosphère de joie et de sérénité en même temps. J’ai visité ce jardin de nombreuses fois, et chaque fois le charme opère.

Puis nous retrouvons mon ami Yassine et Said, un ami à lui, pour passer l’après-midi dans la vallée de l’Ourika. Cette vallée s’étend au Sud de Marrakech, et prend sa source dans l’Atlas. Le long de la route, on observe les petits villages berbères accrochés à flanc de montagne et les cultures en terrasses. Nous faisons une halte dans une petite gargote qui nous fait envie : les tajines mijotent depuis de longues heures, et une petite table en contrebas, à fleur d’eau, nous tend les bras. Nous dévorons nos 2 grands tajines : ils sont délicieux !

Puis nous reprenons la route jusqu’à Setti Fatma, le village le plus au fond de la vallée, quand la route s’arrête. J’adore cet endroit : les Marrakchis viennent souvent s’y rafraîchir l’été. Les tables en plastique sont installées directement dans la rivière et on peut manger son tajine les pieds dans l’eau ! Les gamins s’amusent dans l’eau, les parents font la sieste à l’ombre ou fument la chicha… C’est vraiment une ambiance bon enfant !

Là, nous garons la voiture et entamons une balade au gré des cascades. Nous remontons à pieds dans la vallée, crapahutons dans les rochers au milieu du torrent de montagne. Les Marocains sont en tongs quand les touristes ont les chaussures de rando, c’est assez drôle ! Des petits ponts de singe permettent de traverser par endroit, et parfois c’est carrément l’escalade ! Rien de bien sportif non plus, en tout cas pour les 1ères cascades. Il y en a 7 en tout, et je ne suis jamais allée au-delà de la 5e (pour accéder à laquelle nous avions un peu sué quand même). Bref, une balade vraiment sympa à faire pour s’aérer l’esprit entre 2 journées à Marrakech ! Et tout au long de la petite rando, on trouve des presseurs d’oranges bien sucrées pour faire le plein de vitamines, et des frigos artisanaux pour les bouteilles de soda : de quoi se rafraîchir tout l’après-midi !

Journée à Essaouira

Jour #3 : 16/10/2016

Nous passons la journée à Essaouira. J’ai loué auprès de notre riad une petite voiture pour 2 jours, afin de vadrouiller un peu. Une fois les vérifications de la voiture faites, nous partons direction Essaouira, avec l’objectif d’y arriver pour déjeuner face à la mer. Objectif atteint : nous nous rendons dans un petit resto sur la plage qui propose une belle carte de poissons frais grillés (retrouvez toutes mes bonnes adresses sur l’appli Mapstr : @lespetitesjambes) : entre le soleil, les embruns et nos papilles comblées, on n’est pas loin de la définition du bonheur ! 🙂

Puis nous remontons la plage à pieds direction le port, où quelques pêcheurs sont encore à l’œuvre, tout juste de retour de la pêche du matin, en train de négocier le fruit de leur dur labeur, ou de réparer leur outil de travail. La beauté de ce port, elle vient de ses nombreuses barques d’un bleu intense, qui s’entrechoquent au gré des marées. Essaouira, c’est une ancienne cité portugaise, alors appelée Mogador (l’île en face de la cité a d’ailleurs gardé ce nom). Les Portugais ont construit les premiers remparts de la ville (qui les ont défendus des Espagnols, des Hollandais et des Français), et le port qui a fait d’Essaouira un comptoir commercial clé pour les Lusitaniens.

Après avoir observé les pêcheurs, nous nous perdons dans la médina. J’adore l’ambiance d’Essaouira : les gens y sont « peace ». Il y a une sorte de sérénité qui se dégage d’un peu partout, une énergie ressourçante. La médina est peuplée d’artisans qui exercent leur art dans des petites ruelles ou courettes cachées, dans lesquelles il faut oser s’aventurer pour en dénicher les trésors. Dans les boutiques, les prix sont affichés et ne se négocient pas ou peu. Tout distingue Essaouira de sa quasi-voisine Marrakech.

En fin d’après-midi, nous retrouvons mon ami Lahcen et sa compagne Karima pour un petit thé dans un café rooftop de la Sqala, face au coucher de soleil. Les sunsets à  Essaouira sont toujours dingues de beauté, et la Sqala est un super spot pour les admirer ! Nous rentrons donc à Marrakech de nuit, mais la route est vraiment facile : 2h30 d’une nationale toute droite…

Lac de Bin el Ouidane et cascades d’Ouzoud

Jour #4 : 17/10/2016

Nous quittons Marrakech assez tôt, car une grosse journée de route nous attend. A commencer par environ 3h30 pour arriver au lac de Bin el Ouidane. Je vous l’accorde, ce n’est pas la porte à côté, et l’idéal est d’y passer une nuit pour vraiment profiter de la quiétude du lieu, mais la durée de notre séjour ne nous l’autorise pas, et je tenais vraiment à faire découvrir ce lieu à Séverine. Car c’est un des plus beaux paysages du Maroc je trouve : le contraste entre l’ocre de la terre et le turquoise du lac est saisissant et hypnotisant !

La route pour y aller n’est pas très compliquée, juste un peu longue et en travaux par endroits, comme beaucoup de routes au Maroc (il ne faut pas trop se fier aux estimations de Google Maps). Une fois arrivée sur place, nous déjeunons dans un petit restaurant avec vue sur le lac après l’avoir pris en photo sous toutes ses coutures ! Une petite sieste avec vue s’impose avant de repartir. Nous ne faisons pas le tour du lac mais le contournons en partie pour admirer plusieurs points de vue, avant de reprendre la route direction les cascades d’Ouzoud, à une trentaine de minutes de là.

Les cascades d’Ouzoud sont sûrement les plus impressionnantes du Maroc. Evidemment, suivant la saison, le débit d’eau n’est pas le même et en octobre il est plutôt bas du fait de l’été sec qui vient de s’écouler. Mais les cascades sont tout de même majestueuses. Nous nous garons sur le parking (prix fixe annoncé par le gardien), et descendons jusqu’à la cascade (que l’on aborde par son sommet). De là, il est possible de randonner en traversant l’oued et en randonnant le long de sa rive droite, en longeant les cascades et en se rafraichissant dans les piscines naturelles, pour remonter ensuite par l’autre rive grâce aux escaliers.

Ce jour-là, n’ayant pas le temps de faire toute la randonnée, nous descendons et remontons par les escaliers. Tout le long des escaliers se succèdent petites boutiques, petits restaurants et petits singes (qu’il ne faut surtout pas nourrir). Arrivées au pied de la cascade, des radeaux de fortune proposent une balade au plus près de la chute d’eau : plus kitch tu meurs ! 🙂 Mais la balade est plutôt agréable, et nous permet d’approcher la cascade au plus près. Quelques jeunes s’amusent à grimper sur les rochers pour plonger dans l’eau : j’ai toujours un peu peur que l’un d’entre eux soit maintenu sous l’eau à cause de la pression de la chute d’eau, donc je retiens mon souffle à chaque fois jusqu’à les voir réapparaître… Après cette jolie balade et cette grosse journée, nous rentrons tranquillement à Marrakech. La nuit est tombée et il faut faire bien attention car aux alentours de Marrakech tous les 2 roues et les petites carrioles roulent sans phares, ce qui rend la conduite assez dangereuse. La prudence est plus que jamais de mise…

Quad dans le désert d’Agafay et au lac Lalla Takerkoust, et tombeaux saâdiens

Jour #5 : 18/10/2016

Ce matin, nous avons rendez-vous avec l’équipe de Maroc Quad Passion pour une demi-journée de balade en quad dans le désert d’Agafay et au bord du lac Lalla Takerkoust. J’entends déjà certains d’entre vous me dire que faire du quad dans le désert est une aberration, et qu’on ne peut pas être écolo et cautionner ce type d’activité. Vous avez raison, si j’étais puriste je ne m’adonnerais pas à ce genre d’activités. Mais je suis un être humain plein de contradictions, et parfois le plaisir prend le dessus sur certaines de mes valeurs. Car le sport mécanique tout terrain, c’est vraiment mon petit faible… Alors bien sûr, je ne le pratique pas souvent, et si j’ai le choix entre une balade à cheval et une balade en quad, il y a 91,79% de chances que je choisisse le cheval 🙂 Mais de temps en temps, j’avoue que j’aime bien me faire un petit kiff avec du quad ou du 4×4 !

Revenons donc à nos moutons : nous retrouvons notre moniteur et le chauffeur à une porte de la médina, car l’avantage de cette demi-journée, c’est que les transferts aller-retour depuis Marrakech sont inclus. Sur la route, le ciel se découvre doucement, la lumière confère une atmosphère un peu mystique aux montagnes environnantes. Une fois arrivées sur place (compter 45 minutes de route environ), notre moniteur nous fournit une charlotte, un casque et un masque. Nous avons réservé chacune un quad, car nous adorons toutes les deux la conduite tout-terrain. Nous partons donc à 3 avec le moniteur vers le désert.

Le désert d’Agafay est un désert minéral. Ce n’est donc pas un désert de sable avec des dunes à perte de vue comme le Sahara. C’est plutôt un enchainement de petites collines avec un sol caillouteux. Quelques touaregs y vivent : on y trouve un ancien village de pierres tombé en ruines, aujourd’hui inhabité, et on aperçoit au loin un campement bédouin. Certaines parcelles sont cultivées au printemps, mais au mois d’octobre tout est sec et attend la pluie.

La balade est hyper agréable car nous ne sommes que toutes les 2 donc le moniteur s’adapte à nous : au début il avance tranquillement pour que l’on se familiarise avec nos machines, puis il voit que l’on a envie de quelques sensations donc il accélère un peu. Nous faisons plusieurs pauses pour boire, prendre quelques photos, admirer le paysages. Nous nous sentons toutes petites dans cette immensité ! Puis nous avançons vers une immense étendue d’eau : le lac Lalla Takerkoust, créé artificiellement par le barrage du même nom. Les paysages sont magnifiques, et l’étendue d’eau contraste bien avec la sécheresse du désert tout proche…

Après 2 heures de balade, nous nous arrêtons dans une petite auberge au bord du lac pour siroter un petit thé à la menthe et déguster quelques pâtisseries. De quoi se passer de déjeuner et opter plutôt pour un goûter une fois de retour à Marrakech ! Nous rentrons en début d’après-midi et allons visiter les tombeaux saâdiens. Situés à côté de la mosquée de la kasbah, ce sont les seuls vestiges de la dynastie saâdienne (qui régna à l’âge d’or de Marrakech aux XVI et XVIIe siècles). Ces jolis tombeaux ont été rénovés récemment (le jardin notamment), ce qui rend leur visite très agréable.

Ce soir, nous fêtons notre dernière soirée à Marrakech au restaurant Le Tanjia. C’est un restaurant marocain que j’aime beaucoup aux beaux jours car la terrasse permet d’observer la vie sur la place des ferblantiers quand le jour tombe. Et puis le spectacle de danse orientale, tous les soirs à 21h, met dans l’ambiance ! Nous faisons plaisir à nos papilles une dernière fois avant de rentrer en France…

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