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Illustration article Wander Weekend à Marrakech 2020

Fanny est la fondatrice de WanderHumanity, dont la raison d’être est de proposer des rencontres inspirantes et des good vibes pour se reconnecter à soi, rencontrer de nouvelles personnes et révéler son potentiel. Cela se concrétise par plein de formats différents, du meetup au WanderWeekend, en passant par le WanderDay, des conférences, ateliers, formations… Cela fait déjà pas mal de temps que je la suis sur les réseaux, et que je participe à certains événements. Fanny connaît mon amour pour le Maroc et sait que mon rêve serait d’y ouvrir un riad, un lieu d’échanges culturels et une agence de tourisme local, pour faire découvrir ce pays que j’aime tant de façon authentique et hors des sentiers battus, en totale immersion, et pour accueillir entre autres ce genre de séminaire. Quand elle a décidé d’organiser ce weekend à Marrakech, elle a donc pensé à m’associer à l’organisation, pour m’aider à révéler mon potentiel et à me créer un réseau sur place. J’ai évidemment accepté tout de suite sa proposition, et me voilà associée à l’aventure !

Ce matin, le réveil pique un peu. Comme d’habitude, j’ai opté pour un vol très tôt le matin pour en profiter un maximum sur place. J’ai oublié que je n’avais pas de bagage en soute à enregistrer, donc je suis arrivée à l’aéroport bien trop tôt, en Uber car le service de bus n’avait pas encore débuté, alors que j’aurais pu dormir 1h de plus et prendre le bus ! Bref, ce fut le seul « couac » de ce weekend, c’est dire comme il était chouette ! 🙂

Je retrouve à l’aéroport les autres coorganisatrices de ce weekend, Fanny et Nathalie, pour débuter ce beau weekend ! Après 3 heures de vol, nous atterrissons à Marrakech et comme chaque fois que je pose le pied sur le sol marocain, un immense bien-être m’envahit, et le sourire ne quitte plus mes lèvres. Je suis enfin de retour chez moi.

Notre chauffeur nous attend et nous emmène à notre riad, que nous avons privatisé pour le weekend (merci Hicham !). Nous déposons nos bagages et allons déjeuner sur la place Jemaa-el-Fna, un bon couscous car on est vendredi !

Après le déjeuner, nous allons nous promener autour de la Koutoubia pour l’admirer, et retrouvons le reste du groupe au Zitoun Café, sur la place de la kasbah, pour un goûter ensemble. Nous sommes 12 participantes + Fanny + Clarence, son copain, qui réalise un film de ce weekend. Beaucoup d’entre nous ne se connaissent pas, ou ne connaissent que quelques personnes déjà croisées lors de précédents événements (c’est mon cas). C’est donc l’occasion de faire un peu plus ample connaissance, avant de passer aux choses sérieuses ! En effet, au programme de ce soir : apéro dînatoire meetup !

En fin d’après-midi, Fanny suggère que nous allions faire une petite promenade dans la médina. Comme nous avons déjà toutes été sur la place Jemaa el Fna, nous optons pour une balade un peu plus hors des sentiers battus, dans le quartier du mellah (le quartier juif de la médina). Les boutiques sont fermées pour la plupart car il est un peu tard, et du coup l’ambiance est sereine. Aucun touriste, mais des gamins qui jouent au foot, des gens qui papotent sur le pas de la porte, des ânes qui transportent des marchandises… Aucun doute, voici la vraie vie des Marrakchis dans la médina !

Après cette petite balade d’environ 1 heure, les filles découvrent le riad (elles avaient déposé leurs bagages mais n’avaient pas pu entrer car nous souhaitions conserver l’effet de surprise). Nous nous répartissons dans les chambres, et je partage ma chambre avec les deux Aurélie : une Aurélie que je connais depuis le lycée, et une Aurélie que je ne connais pas du tout mais avec qui j’ai senti une alchimie dès les premiers mots échangés au Zitoun Café. Notre chambre est très chouette : elle dispose d’une immense baie vitrée qui donne sur une mini-terrasse avec plein de cactus (si vous allez dans ce riad, dites que vous venez de ma part et demandez la chambre à l’étage 😉 ). J’aime beaucoup la lumière du lieu.

Nous nous retrouvons toutes dans le salon pour l’apéritif dinatoire que le personnel du riad nous a préparé. Au programme de cette soirée : un meetup pour apprendre à toutes nous connaître et pour lier le groupe dès le début du weekend. Qu’est-ce qu’un meetup exactement ? C’est un moment d’échanges bienveillants au cours duquel la parole se libère et nous libère, où la reconnexion à soi et aux autres est rendue possible. Les histoires de vie de chacune ont été partagées avec beaucoup d’émotion et de sincérité, et ont fait écho en chacune de nous, comme un miroir. Ce fut un moment de partage puissant, un accélérateur de prise de conscience comme le décrit si bien Fanny. Et puis, outre les témoignages de chacune qui font écho, Fanny a toujours la bonne analyse et le bon mot pour amorcer des déclics. Son regard est toujours juste et bienveillant. Je ne peux pas entrer plus dans le détail dans mon récit, car je ne veux pas dévoiler les confidences des unes et des autres, mais ce moment fut très fort. Si fort que chacune s’est livrée pendant de longues minutes, et qu’à minuit passé seules 6 d’entre nous (nous étions 12 participantes sans Fanny et Clarence) s’étaient confiées. Nous avons donc décidé d’un commun accord d’arrêter là, et de continuer demain soir. Une bonne nuit nous attendait…

Cours de yoga, médina de Marrakech, atelier bijoux, hammam-massage et meetup au riad

JOUR #2 : 22/02/2020

Ce matin, c’est cours de yoga au lever du soleil ! Stéphanie nous attend sur le toit du riad, où elle a installé 13 tapis. Je n’ai jamais fait de yoga de ma vie, c’est une grande première ! Et j’avoue que les conditions sont idéales : nous sommes à Marrakech, le ciel s’éclaircit petit à petit en passant par toute une palette de couleurs, les petits oiseaux chantent, et il fait déjà super bon. Stéphanie nous fait donc cours pendant une heure, veillant à nos postures et notre respiration. C’est idéal pour commencer la journée et se mettre en mouvement. Certaines remarquent même que leurs douleurs ont disparu ou se sont atténuées.

Après un bon petit-déjeuner, nous partons direction la médina, pour y retrouver Anne-Sophie. Elle a emménagé à Marrakech il y a un an et demi, après être tombée amoureuse de cette ville. Elle y a lancé sa marque, Argument Bijoux. Nous passons la journée avec elle, à la découverte de « son » Marrakech. Elle nous emmène à la rencontre de vendeurs d’objets anciens, de pierres précieuses, de bijoux… Ces rencontres sont toujours passionnantes, et l’occasion de faire des achats sans se faire arnaquer (l’occasion pour beaucoup d’entre nous de s’essayer à la négociation). Nous découvrons des petites boutiques et des petites placettes cachées, dans lesquelles nous ne serions sûrement pas allées si Anne-Sophie ne nous les avait pas indiquées.

Vers la fin de la visite, nous entrons dans la boutique de Latif. Il collectionne les objets anciens et ayant une histoire. Nous sommes quasiment tous entrés dans sa boutique, et l’écoutons nous parler de certains objets, notamment un magnifique astrolabe, quand l’une d’entre nous est attirée par un objet dans une vitrine. Il s’agit d’un collier avec une racine d’émeraude sertie de saphirs. Elle nous racontera plus tard que quand elle a vu le collier, plus rien autour d’elle n’avait d’importance, elle était irrépressiblement attirée par l’objet. C’est le collier qui l’a choisie et non l’inverse. Latif voit qu’elle est attirée par le collier, et s’approche d’elle. Il lui propose de lui passer le collier autour du cou, donc elle se tourne vers nous, et au moment où il lui passe le collier, on sent qu’une vague d’émotion irrésistible est en train de monter en elle et de la submerger. Les larmes lui montent aux yeux, et elle se met à pleurer à chaudes larmes. Latif, qui est très grand de taille, la réconforte en l’enveloppant de ses bras. Nous sommes toutes en train de pleurer, car l’émotion nous a toutes gagnées. Ce moment dure longtemps, et nous décidons de sortir pour leur laisser l’intimité nécessaire et attendons notre amie dehors. Nous étions tous bouleversés par ce moment extrêmement puissant que nous venons de vivre. Quand notre amie nous rejoint, elle ne peut et ne veut pas mettre de mot sur ce qui s’est passé à l’intérieur, car il s’agit d’un moment qui se vit, pas d’un qui se raconte. Mais nous sommes tous plein de gratitude. Elle reviendra le lendemain chercher son collier : d’ici là, Latif va le nettoyer et le préparer. C’est aussi dans cette boutique que j’ai rencontré mon peigne, le peigne de la mariée juive berbère, dont je vous parle dans cet article.

Notre visite de la médina s’achève sur la fameuse place des épices, où nous faisons un petit tour des boutiques et autres vendeurs ambulants. Toute la matinée, nous avions pour objectif de trouver des babouches royales (de couleur jaune) pour le coloc de l’une d’entre nous. Mission accomplie : j’ai mis à profit mes talents de négociatrice pour en dégoter une belle paire, à prix berbère ! 🙂

Pour le déjeuner, Anne-Sophie nous fait découvrir un joli petit restaurant rooftop : Shtatto (retrouvez toutes mes bonnes adresses sur l’appli Mapstr : @lespetitesjambes). Il s’agit d’un concept store sur plusieurs étages, avec des galeries d’art, des designers, des créateurs de mode, un coiffeur, et un resto hyper sympa sur le toit-terrasse. Nous nous installons donc en terrasse pour déjeuner et profiter tant du soleil que de la vue sur la médina. Je déguste une salade d’avocats bien fraîche, et un cocktail de fruits frais pressés délicieux. Comme tout déjeuner marocain, celui-ci se termine par un petit thé à la menthe accompagné d’une corne de gazelle.

Après notre déjeuner, nous sortons de la médina en passant par le marché de fruits et légumes, et nous dirigeons vers Gueliz, la ville nouvelle. Le soleil tape fort, et ce n’est pas le moment le plus agréable de la balade car nous sommes en plein soleil, au milieu de la circulation dense… Mais ouf, nous arrivons enfin devant l’immeuble où habite Anne-Sophie. Sur le toit de l’immeuble, elle a dressé une grande table sur laquelle sont disposés des petits bols remplis de perles et des jolis bouquets de fleurs. Nous nous installons autour de la table, et Anne-Sophie nous donne la consigne : « Je vous propose que chacune crée son collier. Et là je sais que vous êtes déjà quasiment toutes en train de réfléchir au collier que vous voulez faire. Je vous propose au contraire de ne pas réfléchir, de ne pas imaginer ou visualiser votre collier, de ne pas le dessiner ou faire de plan. Je vous propose de le réaliser avec le cœur, de laisser vos mains enfiler les perles comme elles viennent, sans que votre mental n’intervienne. »

Chacune choisit donc les couleurs et les formes qu’elle aime dans les bols de perles, et commence à les enfiler sans réfléchir. Difficile de laisser le mental de côté : quand on a un mental fort, comme le mien, celui-ci a toujours tendance à prendre le dessus sur le cœur ! Mon collier prend forme ; il n’est pas symétrique, ce qui est déjà une petite victoire de mon cœur sur mon mental ! Bon, OK, il y a quand même une petite logique dans l’enchaînement des perles… on ne se refait pas ! 🙂

Une fois tous nos colliers terminés, un petit groupe, dont je fais partie, qui avait réservé un hammam / massage aux Bains de Marrakech (le meilleur spa de Marrakech selon moi, un passage obligé à chaque fois que je viens à Marrakech), s’échappe rapidement car le timing est un peu serré. L’objectif pour moi : négocier des taxis pour tout le monde. En 4 taxis, nous voilà toutes en route pour les Bains de Marrakech. Arrivées sur place, c’est la détente absolue. Les senteurs de fleur d’oranger se marient parfaitement avec les lumières tamisées du lieu et lui confèrent une atmosphère des mille et une nuits. Certaines ont choisi de faire un hammam quand d’autres ont opté pour un massage. Dans tous les cas, nous ressortons de là rassérénées.

De retour au riad, le dîner nous attend. Le personnel du riad a préparé pour nous une harira (la soupe traditionnelle marocaine), un délicieux couscous royal, et un thé accompagné de pâtisseries orientales pour terminer. Nous dégustons ces dernières dans le salon, car la suite du meetup de la veille nous attend. Le « tour de table » s’est arrêté juste avant moi hier, donc c’est à moi de débuter celui-ci. Depuis la veille, je n’arrête pas d’y penser, c’est un peu l’angoisse pour moi de prendre la parole devant tout le groupe, et je ne sais pas quoi dire… Avant le dîner, quand j’ai fait part de mon angoisse à mes colocs de chambre, elles m’ont rassurée et m’ont conseillé de débuter en parlant de ce que je connais, c’est-à-dire moi, mon parcours, ma situation actuelle… et elles m’ont assuré que le reste viendrait tout seul. Je suis leur conseil, et me voilà lancée. Je ne sais pas combien de temps exactement j’ai parlé, mais j’ai raconté toute ma vie ! Comme un flot de paroles qui devait sortir, s’exprimer. J’ai raconté à des quasi-inconnus des choses extrêmement personnelles et intimes me concernant. Et le plus beau dans tout ça, c’est que ces paroles les aient touchés, et les aient même aidés à prendre conscience de certaines choses, comme un miroir, et à avancer dans leur cheminement intérieur. J’ai le sentiment d’avoir été utile, et j’ai reçu en retour énormément d’amour et de bienveillance. J’ai énormément pleuré ce soir-là, et mon cœur était plein, complet.

Randonnée dans la vallée d’Imlil

JOUR #3 : 23/02/2020

Réveil matinal après une courte nuit (nous avons terminé le meetup à 2h du matin) : ce matin nous retrouvons Mohamed, notre guide de montagne, et partons en direction de l’Atlas, dans la vallée d’Imlil exactement. Le contenu de cette journée (comme de la précédente) avait été gardé secret pour les participantes, et celles-ci avaient fantasmé sur une balade en dromadaire depuis le début du séjour. Ca n’était pas au programme à la base, mais nous avons décidé, avec la complicité de Mohamed, de leur faire la surprise. Sur la route, nous nous arrêtons donc dans le campement d’une famille berbère qui élève des camélidés. On nous offre le thé, et le soleil qui s’est levé vient nous réchauffer le dos. C’est un moment des plus agréables ! Puis nous faisons 2 groupes : celles qui ont envie de faire une balade à dos de dromadaire, et les autres. Les filles partent donc en balade pendant que nous visitons le hangar dans lequel se cachent les bébés et leurs mamans. Mignonnerie au programme. Nous nous entichons d’un bébé aux yeux vairons, pas farouche, qui se laisse caresser et essaie de mordiller tout ce qui se trouve à sa portée !

Une fois revenues de balade, nous continuons notre route. Les panoramas sont tous plus sublimes les uns que les autres. On s’arrête dans une coopérative d’huile d’argan. Les arganiers ne poussent que dans cette région du Sud marocain (un peu plus à l’Ouest d’ailleurs, entre Essaouira et Agadir). De nombreuses femmes du Sud du pays se regroupent en coopératives pour fabriquer de l’huile d’argan et des produits cosmétiques ou culinaires dérivés, afin de générer un revenu complémentaire pour la famille. Après une dégustation d’huile et d’amlou (le Nutella marocain, mélange d’huile d’argan, d’amandes ou de cacahuètes écrasées, et parfois de miel), les femmes nous expliquent comment elles fabriquent l’huile. S’en suit une séance d’achats pour beaucoup d’entre nous.

De retour dans le bus, nous traversons plusieurs villages, notamment celui de Tahanaout, où ont lieu des marchés. Céline Dion, Téléphone et consorts nous accompagnent dans le bus et nous font chanter à tue-tête (le pauvre chauffeur devait nous détester, mais au moins on a mis de l’ambiance). La route devient de plus en plus sinueuse, nous prenons de l’altitude et arrivons aux contreforts de l’Atlas. Le bus s’arrête, et en descendant nous réalisons que nous sommes en altitude car nous avons perdu quelques degrés en route ! Le soleil réchauffe toujours l’atmosphère, mais le fond de l’air est plus frais (plus pur aussi).

Nous longeons un petit ruisseau et arrivons au riad Jnane Imlil, que nous visitons et trouvons très charmant. Des tables ont été installées pour nous sur une des terrasses du riad, baignée de soleil et face à la vallée. On s’y sent tout de suite bien ! A 13h, l’appel à la prière retentit, et résonne dans toute la vallée : les mosquées des différents villages qui nous entourent se font écho, c’est un moment magique. On nous sert des tajines de légumes délicieux que nous dégustons en profitant du soleil. Nous nous rendrons d’ailleurs compte le soir-même que nous avons pris de beaux coups de soleil !

Après le déjeuner et une petite pause digestive, nous partons en balade dans la vallée environnante. Nous sommes à l’abri du soleil grâce aux arbres qui nous protègent. Nous traversons un petit hameau : des enfants jouent devant les quelques maisons qui le constituent et leur air facétieux nous fait craquer. Sur un mur du hameau, un sticker a été collé sur une pierre : « J’existe ». Comme un message qui nous est envoyé.

Nous marchons le long des systèmes d’irrigation qui distribuent l’eau dans toute la vallée, et arrivons à un petit pont qui enjambe l’oued. Fanny nous arrête. Elle nous propose de traverser ce pont l’une après l’autre, en pleine conscience, en visualisant toutes les valises qui appartiennent au passé et que nous voulons laisser de ce côté-là de la rive, en traversant vers notre avenir, délestées de tous ces poids qui nous empêchent d’avancer. Cela fait particulièrement écho à mon témoignage de la veille au soir, alors je suis très vite émue, avant même de traverser. Nous entamons chacune notre tour la traversée. Je me sentais bien, ancrée. J’ai laissé de sacrés valises sur la rive et j’ai traversé le pont la tête haute, d’un pas décidé, le sourire aux lèvres. Ce moment a été pour moi le plus marquant du weekend. Nous nous sommes tous retrouvés de l’autre côté de l’oued, les yeux rougis. Notre guide Mohamed était aussi ému aux larmes. Il nous propose alors d’évacuer les dernières tensions et de sentir la liberté que nous sommes en train de reconquérir en criant à pleins poumons dans la vallée. Nous nous regardons, complices, un décompte est entamé et nous crions tous en même temps, un cri profond, directement jailli du cœur. Ce cri vient clôturer un moment très fort.

Puis nous poursuivons notre randonnée jusqu’à une très jolie cascade. C’est l’occasion de faire une petite pause rafraîchissante, et de prendre quelques photos de groupe en souvenir. Nous continuons la randonnée et grimpons sur les hauteurs. Le manque d’oxygène se fait sentir et certaines d’entre nous (dont je fais partie du fait de mes problèmes respiratoires) sont vite essoufflées. Nous arrivons à un point culminant, avec une vue grandiose sur toute la vallée. Fanny nous propose de nous installer, nous donne à chacune une feuille de papier et des feutres, et nous demande d’écrire ou de dessiner ce qui nous passe par la tête, quelque chose qui symbolise ce weekend, ce qu’on en retient, quelque chose qui ancre ce weekend dans nos vies. Je commence à dessiner la vallée, comme d’habitude je me lance dans un dessin dans lequel chaque petite touche est réfléchie et choisie sans hasard. Ah le mental… pas facile de s’en défaire. Et puis je m’arrête de dessiner, je regarde la vallée et me mets à pleurer. Je demande une nouvelle feuille de papier à Fanny et écris, sans réfléchir cette fois-ci, « Change de chapitre », que j’entoure d’un cercle de protection et de cœurs de bienveillance et d’amour. Voilà le message que j’ai au fond du cœur pour moi-même.

Nous redescendons vers le village tranquillement, et avant de reprendre le bus, nous achetons quelques fruits secs en vrac pour la route, que nous partageons. Un vrai délice, pour quelques dirhams seulement ! De retour au riad après environ 1h30 de route, certaines repartent faire un tour dans la médina pour revoir Latif (et acheter le collier et l’astrolabe qui les ont choisies 🙂 ), pendant que d’autres restent au riad pour se reposer un peu et que j’aide une des filles à trouver un riad pour ses 2 prochaines nuits car elle souhaite rester un peu plus longtemps que prévu à Marrakech. Après avoir visité 3 riads et négocié une chambre à moitié prix dans le riad en face, nous rentrons nous changer en vitesse. En effet, ce soir nous avons prévu un dîner dans un bon restaurant marocain, le Tanjia, sur la place des ferblantiers. Les filles parties dans la médina nous rejoignent plus tard au restaurant, juste à temps pour le spectacle de danse orientale. Nous dégustons des spécialités locales et buvons un peu de vin et des cocktails : l’ambiance est festive ! Puis nous rentrons au riad tranquillement, et nous laissons facilement emporter par le sommeil…

Cours de cuisine et au-revoirs

JOUR #4 : 24/02/2020

Ce matin, le réveil est un peu dur. Dur parce que nous n’avons pas beaucoup dormi, mais surtout parce que c’est le dernier, que tout cela prend un goût de « déjà fini » et de « on veut que ça dure encore »… L’alchimie du groupe a été parfaite pendant ces 4 jours, alors nous n’avons pas envie de nous séparer… On sent bien au petit déjeuner que nous sommes nombreuses à avoir le cœur lourd, même si nous faisons bonne figure.

Une fois le petit-déjeuner terminé, la table est préparée pour notre cours de cuisine. Ce matin, nous apprenons à cuisiner des briouates (petits samossas en feuilles de brique fourrés) et un tajine poulet-citrons-olives. Le chef, Anass, nous explique et nous montre avec pédagogie chaque étape, et nous nous en sortons très bien ! Une fois le cours terminé, nos ouvrages partent à la cuisson. Il est temps de finir nos valises…

Nous nous attablons assez tôt, car les départs s’échelonnent dans l’après-midi (mis à part 2 départs dans la matinée). Après manger, nous nous installons sur le toit-terrasse pour déguster thé et pâtisseries. La pause est d’assez courte durée pour moi car je dois partir pour l’aéroport en début d’après-midi. Je déteste les au-revoir, ils me rendent toujours très triste et ont souvent été l’occasion de crises de larmes… Nous faisons donc un câlin collectif pour que je n’aie pas à dire au revoir à chacun.e individuellement et que ce moment ne s’éternise pas.

Arrivée à l’aéroport, je croise par hasard dans la file d’attente une des participantes, pourtant partie plus tôt que moi. Il n’y a pas de hasard, que des rendez-vous. 🙂 Heureuse de la retrouver, nous entamons ensemble tous les contrôles de routine et attendons ensemble dans la salle d’embarquement que nos vols respectifs ouvrent à l’embarquement. Le retour se déroule sans encombre, même si je testais pour la première fois Ryanair et l’arrivée à Beauvais, et que je n’avais pas réalisé que cet aéroport était si loin de Paris !! Il m’a fallu presque autant de temps pour faire Beauvais-chez moi que Marrakech-Beauvais ! Mais rien n’aurait pu entacher le bonheur intense que je ressentais en moi à la suite de ce weekend : une gratitude immense m’avait envahie.

Comments:

  • Celine

    13/02/2021

    Ohhhh comme d habitude super article que j ai lu avec plaisir ! Tu racontes tellement bien ! Tu prends des notes ? Tous ces détails… J ai vécu tous ces moments avec toi du coup. Et ça m a donné envie d être avec vous 😊.

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